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mercredi, 29 août 2012

Les singes sacrés de Soko menacés de disparition

Au nombre des curiosités touristiques de la région du Zanzan, les singes sacrés de Soko. Mais le lien quasi-métaphysique se rompt entre ces animaux avec les habitants. La raison: le braconnage.


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Dépassant le simple apprivoisement, les habitants de Soko, à 7 km de Bondoukou, ont tissé des liens ancestraux avec les singes.

Si adoptés où point d’être idolâtrés, les simiens se déplaçaient en toute liberté dans le village. Le spectacle qu’ils donnaient à voir ne manquait pas de susciter admiration et étonnement. Les singes n’avaient pas peur d’entrer dans une cour pour faire ce qu’ils veulent. Plus impressionnant était leur nombre, les vendredis.

Aujourd’hui les choses ont changé. Ils se font de moins en moins visibles. Perchés sur les arbres, à une hauteur proche du sol, ces animaux donnent l’impression d’avoir peur de descendre. On peut passer plusieurs heures à les attendre sans être récompensé. Même avec une banane en main. Nous avons fait le constat, juillet dernier, à 17h. Moment privilégié où l’on a l’habitude de voir les plantigrades. C’est aussi cela leur mystère, ils se laissent voir des jours et à des heures spécifiques qu’ils semblent maîtriser. On a attendu plus de 2h, en vain.

Pour la plupart des habitants de Soko, la raison est le braconnage. Des indélicats consomment leur viande. Ce qui a réduit sensiblement leur nombre. Selon Ouattara Djibrila et Ouattara Sinan, c’est au début des années 2000 que le malheur les frappe. Les mythes ayant permis à Soko de tisser des liens sacrés multiséculaires avec ces êtres particuliers semblent rompus. Les singes ont perdu leur sacralité. Et ils en paient le "tribut".

Les braconniers ignorent les conséquences de leurs actes. Qui ne programment pas seulement la disparition des plantigrades, mais aussi celle de la mémoire historique de Soko.

Ange Kouman

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