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vendredi, 14 janvier 2011

Bondoukou se prépare pour la traite de l’anacarde

Ayant supplanté le café et le cacao dans la région du Zanzan, dans le nord-est de Côte d’Ivoire, l’anacarde (le cajou) est le seul produit de rente pour les populations qui y vivent. Mais ce produit d’exportation ne bénéficie pas de toute l’attention nécessaire de la part des pouvoirs publics. Toute chose qui contribue à sa mévente, au désarroi des producteurs.


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C’est pour restituer à l’anacarde sa valeur marchande pour mieux la commercialiser, dans l’intérêt des paysans, qu’un nombre important de coopératives sont nées dans la région du Zanzan. La seule ville de Bondoukou regroupe l’essentiel de ces coopératives. La mutuelle technique agricole du Zanzan (MUTAZA) figure au nombre de celles-ci.

A moins de 2 mois de l’ouverture de la campagne de l’anacarde, la MUTAZA se prépare activement. Elle veut se donner tous les moyens pour éviter que le produit s’achète à un prix dérisoire comme aux années précédentes. Raison pour laquelle la mutuelle dirigée par Bini Yao Pété multiplie des réunions d’information et de sensibilisation à l’endroit des producteurs.

Celle tenue le lundi 6 décembre dernier au siège de la MUTAZA, en accord avec la fédération nationale des producteurs d’anacarde de Côte d’Ivoire (FENPACI), est d’une importance particulière. Elle a fixé le prix bord-champ à 500 f CFA le kilogramme pour la campagne 2011 ; un prix indicatif, c’est-à-dire que le kilogramme de la noix de cajou ne peut pas être négocié en deçà de 500 f CFA.

Pour veiller au respect scrupuleux de ce prix d’achat, la réunion a arrêté une mesure d’interdiction formelle aux acheteurs internationaux et aux exportateurs d’opérer sur terrain bord-champ. En clair, ceux-ci ne doivent pas acheter directement aux paysans, mais aux coopératives agricoles.
Rappelons que tout comme la culture du cacao ou du café, celle de l’anacarde est difficile. En effet, contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, l’anacardier n’est pas une plante sauvage. Elle ne pousse pas en brousse sans les soins de l’homme ; elle se cultive et s’entretient. L’on parvient à en tirer profit au prix de multiples efforts.

Pour l’instant, seuls les Indiens connaissent les vertus de la noix de cajou. Ils en sont les seuls acheteurs ; telle est la raison de la présence depuis plusieurs années d’"Olam Ivoire", une multinationale indienne, dont l’achat de l’anacarde constitue la principale activité. Pourtant, il n’y a aucun doute que l’on peut faire beaucoup de choses avec ce produit. L’amande est plus douce que l’arachide, disent certains ; elle fait partie des oléagineux. L’on fait même des confitures avec la pomme. L’anacarde a donc besoin d’être vulgarisée.

Photo : Crédit photo

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