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vendredi, 14 janvier 2011

La MUTAZA, la mutuelle du paysan du Zanzan

Faisant partie de l’ancienne boucle du cacao dans les années 1960, la région de Bondoukou a aujourd’hui perdu ses surfaces cacaoyères en l’espace de quelques décennies. Cette situation ayant engendré la pauvreté des paysans. C’est pour lutter contre celle-ci qu’est née la mutuelle technique agricole du Zanzan (MUTAZA).


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Ayant nourri l’idée de création depuis 2007, c’est finalement le 14 septembre 2010 qu’est née officiellement la MUTAZA, sous la houlette de Bini Yao Pété, ressortissant de la vaste région du Zanzan. Selon lui, cette naissance est rendue nécessaire par le besoin d’« organiser le milieu paysan de la région du Zanzan », afin de lutter contre l’exode des jeunes vers les forêts du sud de la Côte d’Ivoire ; un exode dont le mobile reste économique.

Pourquoi les jeunes se sentent-ils obligés d’aller chercher ailleurs ce qu’ils peuvent trouver chez eux, s’interroge Bini Yao Pété. Il répond qu’il faut ramener « les fils et filles du Zanzan vers leur localité ». Cela, parce que cette partie du pays n’est pas si pauvre comme ils se l’imaginent. On trouve aussi de la forêt en divers endroits de la grande région ; elle est donc propice pour différents types de cultures. Ce qu’il faut, d’après l’homme, c’est d’organiser les paysans en leur donnant les moyens dont ils ont besoin.

Mais la MUTAZA se veut plus ambitieux dans ses objectifs. Outre celui d’organiser les agriculteurs, elle veut être une fédération de coopératives locales pour une meilleure rentabilité. Cela implique la diversité de ses domaines d’intervention : le renouvellement des vergers cacaoyer et caféier, l’achat et la vente de l’anacarde (le seul véritable produit de rente de la région) ; l’incitation des jeunes à la culture de produits vivriers et maraîchers (igname, haricot, tomate, et de tout autre produit cultivé dans le Zanzan).

C’est comme cela que Bini Yao Pété et son équipe comptent lutter contre la dispersion des énergies des planteurs du Zanzan, car « il n’est pas normal que l’anacarde de Bondoukou qui part au Ghana soit bien rémunéré que celui vendu en Côte d’Ivoire », se plaint-il.
Se voulant une véritable structure d’encadrement, la MUTAZA, aux dires de son promoteur, ne s’arrêtera pas aux objectifs susmentionnés. En tant qu’une caisse sociale en faveur des paysans de la région, elle vise à les soigner gratuitement en cas de maladie.

Par ailleurs, la MUTAZA jouera le rôle d’une mutuelle de promotion immobilière pour ses membres, car celui qui travaille la terre a aussi besoin de se loger décemment que le fonctionnaire, fait remarquer Bini Yao Pété.

Au total, la mutuelle technique agricole du Zanzan est noble dans ses principes. Si elle arrive à les mettre en exécution, l’agriculteur du Zanzan n’aura rien à envier à celui des zones forestières du sud. Ainsi, l’on aura lutté contre l’exode des jeunes. La prochaine campagne de l’anacarde situera sur son efficacité.

Photos : Yao Ossène

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