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mercredi, 26 janvier 2011

L’hôpital de Bondoukou, un centre de santé vétuste

Dans sa réponse à la question sur « la situation dramatique des hôpitaux », Prosper Djessou – directeur des établissements publics nationaux (EPN) – dans une interview accordée au journal L’Inter le jeudi 30 septembre 2010, dit sans détour qu’il y a « beaucoup de dysfonctionnements dans nos hôpitaux ». Cette réponse traduit la réalité de la plupart des centres de santé de Côte d’Ivoire. Le centre hospitalier régional (CHR) de Bondoukou en est une illustration.


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On ne peut visiter l’hôpital de la grande région du Zanzan sans être frappé de stupeur, en raison de la vétusté des bâtiments. Que ce soit celui de la maternité, de la médecine générale ou du bloc opératoire, en passant par celui des urgences qui abrite le service de radiologie, le constat est le même : fenêtres sans vitres, toits qui menacent de s’effondrer, fissures dans les murs, problème d’étanchéité, peinture lessivée par l’eau de pluie, feuilles de contreplaqué arrachées en divers endroits mettant à découvert des fils électriques avec le risque d’électrocution...

Dans les allées, le spectacle est plus que désolant : éclairage faible à cause de l’insuffisance de lampes. Tous ces constats expriment la même chose : le centre hospitalier régional de Bondoukou est anachronique.
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Même si nous n’avons pas reçu l’autorisation de pénétrer dans les salles, toutes les personnes interrogées disent que la situation est dramatique, particulièrement à la maternité. Des salles manquent de portes, disent certains. Plus grave est la quasi-absence de moustiquaires pour les nouveau-nés que d’autres déplorent. Or, « pendant la nuit, les moustiques y élisent domicile », affirme une jeune mère souhaitant garder l’anonymat.

Dans ces conditions, doit-on espérer accoucher dans de bonnes conditions à la maternité, si c’est pour en ressortir avec le paludisme ? Doit-on espérer guérir de son mal en allant au CHR de Bondoukou, si c’est pour en ressortir avec des maladies nosocomiales à cause de l’humidité des murs et de la moisissure dans les plafonds ? « Où sont passés les équipements paramédicaux ? », s’interroge Nanan Bédiakon dans Le soleil du Zanzan (le journal local), dans son édition n°9 des mois de juillet, août et septembre 2010, à la page 10. Le journaliste fait l’écho d’une « disparition mystérieuse d’importants matériels biomédicaux » au CHR, dont des moustiquaires.
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Mais le directeur de l’hôpital, Dr Kouassi Julien, est plus alarmiste. « Dans cet hôpital, il n’y a que 7 médecins ». Ce sont eux qui s’occupent, autant qu’ils le peuvent, d’une population régionale estimée à plus de 90 000 habitants. Une situation qui entraîne une désorganisation du travail et des comportements déviants se traduisant par l’insuffisance de prestation de soins.

L’homme remet le sort du CHR entre les mains des pouvoirs publics pour un sauvetage d’urgence. Car, c’est à l’échelle nationale que se trouve la solution, conclut-il

Photos : Yao Ossène

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