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lundi, 19 mars 2012

Les bijoutiers de Bondoukou, un savoir-faire ancestral

A Bondoukou, outre les sites touristiques historiquement connus tels que les maisons de Samory et de Binger…, l’on y exerce plusieurs métiers qui ne manqueront pas de susciter l’admiration des visiteurs. Les Touré, bijoutiers de leur état, enrichissent le patrimoine touristique de la ville depuis plusieurs décennies.


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Les Touré ont un savoir-faire ancestral. Ils sont une caste de forgerons spécialisés dans la fabrication de parures (chaînes, bagues, bracelets, gourmettes…). On les trouve au quartier Malagasso, au cœur de Bondoukou, près de la célèbre maison de Samory Touré.

Bien que partageant le même espace depuis des décennies, ces bijoutiers "millénaires" forment de petits groupes ; chaque groupe gravitant autour d’un chef qui s’affaire lui aussi à la tâche sous un hangar. D’autres préférant travailler dans des huttes. Dans l’une d’elles, nous avons trouvé le septuagénaire Touré Aboubacar.

Assis sur des morceaux de carton posés à même le sol poussiéreux, et assénant de petits coups de marteau à une lame de fer, le vieil homme répond à nos questions : « J’ai appris de mes grands-parents que nous sommes originaires du Niger. …J’exerce ce métier depuis le jeune âge », s’empresse-t-il de dire.

A l’instar de ses collègues, Touré Aboubacar travaille avec des matériaux rudimentaires. Une petite enclume, un marteau, une pince, une lime, un petit fourneau à charbon de bois, des pailles de métaux (cuivre, fer, argent, aluminium, bronze) constituent l’essentiel du matériel utilisé. Cependant, posés sur une table non loin de sa hutte, des bagues et des bracelets sertis d’or mettent en évidence le fait que ce précieux métal n’est pas totalement absent chez ces joailliers.

Ces métaux rares n’induisent pas la cherté des produits obtenus à partir d’eux. Selon le septuagénaire, il y en a pour toutes les bourses : des objets de 10 ; 50 ; 100 f CFA et plus ; « tout dépend de la taille du bijou ». Mais la plupart des clients sont à Abidjan. C’est pourquoi l’essentiel de la production part dans cette ville, si l’on en croit Touré Aboubacar, qui soutient aussi que c’est d’Abidjan que proviennent leurs matières premières.

Bien souvent, les articles fabriqués par les mains expertes de ces artisans font l’objet de mépris. Singulièrement les bagues et les bracelets dont certains se méfient parce que, disent-ils, possédant des pouvoirs "maléfiques". Sur ce point, le vieil homme affirme ne pas "préparer" ses bagues. Cependant, il admet la possibilité que des clients, pour des raisons qui leur sont propres, envoient les leurs chez des marabouts.

Peu importe l’usage que l’on fait des bijoux fabriqués par les joailliers de Malagasso à Bondoukou, leur savoir-faire ancestral dépasse de loin toute autre considération.

Photos : Yao Ossène

Commentaires

bel article juste vous encouragez.

Écrit par : M'BRAH | jeudi, 03 février 2011

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