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jeudi, 15 mars 2012

Au coeur du "Kroubi" 2011 à Bondoukou

La nuit du Destin est suivie du Kroubi, fête populaire de la région du Zanzan. Il précède le Ramadan qui consacre la fin du carême musulman.


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L’édition 2010 du Kroubi n’a pas connue la ferveur qu’on lui connaît d’habitude. Les Imams de Bondoukou veulent l’interdire, en raison de son caractère potentiellement dangereux pour les jeunes enfants qui dansent. En effet, c’est en hauteur (plus de 2 mètres au-dessus du sol), sur des poutres dressées pour l’occasion, que dansent des filles dont l’âge varie entre 3 et 25 ans.

Parfois, certaines font des chutes. Pour les éviter, les Imams de Bondoukou, depuis 3 ans, veulent interdire cette danse à caractère festif. Mais cela se heurte à la résistance des femmes.

Cette fête éclatée dans les quartiers à concentration musulmane (Djiminisso et Donzosso), qui commence tard dans la nuit pour ne prendre fin que le lendemain vers 14 h, est l’occasion pour les mères de parer leurs filles d’habits scintillant. C’est à l’aide de queues de chevaux, pour la plupart, que celles-ci dansent en faisant des gestes synchronisés au son de différents instruments de musique.
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Origine du Kroubi

Le Kroubi a lieu lors de la nuit du Destin. Une nuit de veille caractérisée par la lecture du Coran et la prière. Or, à l’origine, personne n’est assez instruit pour lire et comprendre le livre saint. Pour mettre en éveil leurs maris pendant cette nuit, les épouses ont eu l’idée de faire une fête ; d’où le Kroubi. Aujourd’hui, nombreux sont les érudits qui lisent et comprennent le Coran, mais l’habitude festive n’a pas cessé.

Cependant, le Zanzan (nord-est) reste la seule région du pays où le Kroubi est encore pratiqué. Celles du nord islamique l’ont interdit depuis 1995, parce que peu religieux.
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Il est devenu une spécificité culturelle pour le nord-est. Il est l’un des patrimoines culturels de Bondoukou. C’est pourquoi ne sont pas danseuses que les seules filles des familles musulmanes. On y trouve toutes les tendances religieuses avec pratiquement les mêmes parures traditionnelles.

Toutefois, celle qui veut danser sur les poutres ne doit pas être enceinte. Certains expliquent les accidents (les chutes) par le fait que des filles dissimulent leurs grossesses.
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Le Kroubi est malheureusement peu exploité touristiquement parce que peu médiatisé. L’interdire, c’est « amputer Bondoukou d’une part de ses richesses culturelles », selon la majorité des habitants interrogés. Car, il est pour la région du Zanzan ce que l’Abissa est pour Grand-Bassam, dans la région des Lagunes.

Photos : Yao Ossène

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