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samedi, 17 mars 2012

Bondoukou: les maisons coloniales à l'abandon

La région du Zanzan, dans le nord-est, est l’une des régions les plus touristiques de la Côte d’Ivoire. En témoignent la mosquée du 18ème siècle de Sorobango, les singes sacrés de Soko, les poissons sacrés de Sapia, les maisons de Samory et de Binger à Bondoukou. Cependant, à cause du manque d’intérêt que l’on leur porte, en particulier pour les 2 dernières, elles tombent en désuétude.


La maison de Samory Touré
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Elle est construite vers le milieu des années 1800. La maison est sujette à polémique, car l’unanimité n’est pas faite sur son appartenance à Samory Touré, le célèbre conquérant mandingue venu de Guinée. En effet, pour certains, Samory n’est pas entré effectivement dans la ville. C’est donc à tort qu’on lui attribue la paternité de la maison qui appartiendrait à Aboubacar Touré. Pour d’autres, il en est bien le propriétaire. Dans tous les cas, l’imagerie populaire fait de lui le propriétaire ; ce qui vaut l’appellation de « maison de Samory ».

Située au centre-ville, au quartier Malagasso des Touré (une caste de forgerons venus du Niger), elle est l’un des vestiges rappelant le passé islamique de la ville.
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Aujourd’hui, la maison présente une image de ruine à cause des intempéries. La demande adressée par les Touré au ministère de la culture pour sa restauration est restée sans suite. Si elle disparaît, elle emportera un pan important de la mémoire historique de Bondoukou.

La maison du gouverneur Louis Gustave Binger
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La maison de Binger partage le même sort que celui de la maison du conquérant mandingue. Située au quartier Donzosso, elle est entretenue pour l’instant par la centenaire Hadja Ouattara, petite-fille de Sitafa, le vrai propriétaire. La maison a simplement été prêtée au capitaine. Le seul fait d’avoir été habitée par le colon lui vaut le nom de « maison de Binger ».

Elle n’a plus de toit. Pour éviter que l’eau de pluie ronge l’épais mur de terre jusqu’à causer sa disparition, la vieille femme le chauffe chaque jour au feu de charbon de bois. « Sans ce sacrifice régulier, la maison de mon grand-père aurait disparu. Mon inquiétude, c’est quand je ne serai plus là ! », confie Hadja Ouattra.
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La promesse de rénovation du ministre de la culture, lors de sa visite à Bondoukou en mai dernier, n’est pas tenue pour l’instant. En attendant, la maison disparaît malgré les efforts de la vieille femme. Ici encore, c’est un pan du passé colonial de la Côte d’Ivoire qui tombe dans l’oubli.

On rappelle que le nom « Bingerville » dérive du nom du gouverneur Binger. Il a gouverné la Côte d’Ivoire de 1893 à 1900.

Photos: Yao Ossène

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