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jeudi, 24 mars 2011

Le tchapalo, une bière appréciée à Bondoukou

« Si le tchapalo n’existait pas, il aurait fallu l’inventé ! », peut-on dire sans se tromper, au regard du nombre de clients qui prennent d’assaut, matin et soir, les différents bistrots (maquis) où cette bière est vendue à Bondoukou. Avec la surenchère que connaît la Côte d’Ivoire, s’agissant des prix des produits de grande consommation, ce sont les vendeurs de cette boisson qui se frottent les mains, au détriment de ceux de la bière industrielle.


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On trouve des lieux de fabrication du tchapalo dans presque tous les quartiers de Bondoukou. Cependant, on en trouve beaucoup moins dans ceux à forte dominance musulmane. C’est aux lieux de fabrication que se vend la boisson, dans de petites paillotes construites pour les clients. Le prix du litre n’excède pas 100f CFA, quand celui de la bière classique dépasse 500f CFA. Les cabanes ne désemplissent pas. On y rencontre hommes et femmes de tous âges (enfants de moins de 15 ans, jeunes, vieux et vieilles) ; toutes les couches sociales (riches et pauvres). Alors, cette boisson est-elle encore la bière des pauvres ?

Le tchapalo est une spécificité féminine, comme le « koutoukou » (l’éthanol artisanal) ou le vin de palme est l’affaire des hommes. Ainsi, pendant que des femmes s’affairent pour servir les clients, d’autres fabriquent le précieux liquide avec, comme matière première, le mil ou le sorgho. Elles sont toujours près d’un ardent feu de bois. Pas de temps à perdre ! Il ne faut pas rompre la chaîne entre la fabrication et la consommation ! Le client ne doit pas attendre longtemps avant d’être servi !

A Bondoukou, « ça boit le tchapalo ! ». Toutefois, vus le matériel utilisé pour sa fabrication et les conditions insalubres dans lesquelles il est fabriqué, le risque sanitaire n’est pas à écarter. C’est ce que reconnaissent Touré N’Galo Barthélémy, inspecteur sanitaire à l’INHP (Institut National de l’Hygiène Publique) de Bondoukou, et Dr Julien Kouassi, directeur du CHR (Centre Hospitalier Régional). Tous deux admettent la possibilité du risque sanitaire lié à la fabrication et la consommation de cette bière traditionnelle. Leur inquiétude se situe surtout au niveau du dosage de l’alcool issu de la fermentation du mil ou du sorgho.

D’après Touré N’Galo Barthélémy et Dr Julien Kouassi, aucun cas d’intoxication n’est à signaler pour l’instant. Cependant, pour ne pas que cela arrive, l’hygiène doit être de mise aux lieux où se fabrique le tchapalo. Il n’y va pas seulement de la santé des consommateurs, mais de celle de toute la population de Bondoukou, car l’insalubrité est vecteur de pandémies tels que la fièvre typhoïde, le cholera, etc.

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