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dimanche, 27 mars 2011

L’axe Bondoukou-Abidjan : la périlleuse traversée du pays attié

Depuis l’appel de Charles Blé Goudé aux jeunes ivoiriens à dresser des barricades pour, dit-il, surveiller leurs quartiers, l’axe Bondoukou-Abidjan est devenu un enfer pour certains de ses usagers.


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Selon des informations concordantes, diverses tracasseries sont faites sur des voyageurs lorsqu’ils traversent les villes et villages attié. En particulier, ce sont les voyageurs dont les noms évoquent une supposée appartenance islamique.

Munis de machettes, des jeunes gens se sont mués en forces de police et de gendarmerie en procédant à des contrôles de pièces d’identité. En plus des sommes d’argent qu’ils reçoivent de l’ensemble des occupants des minicars, ils exigent des sommes supplémentaires à d’autres, surtout les "Ouattara". Les témoignages de voyageurs rançonnés de cette façon concordent.

Tous disent avoir payés 1000 f CFA, en plus de s’être cotisés (200 ou 300 f CFA par personne). "C’est pratiquement sous la menace des machettes qu’ils exigent ces sommes", dit une jeune dame qui a requis l’anonymat. Plusieurs autres personnes ont abondé dans le même sens. Un chauffeur dit avoir mis plus de 4 heures pour traverser l’axe Abidjan-Akoupé (environ 170 km), à cause des barrages de fortune ; plus de 50, si l’on s’en tient à ses dires. Parti d’Abidjan à 7 heures, il est arrivé à Bondoukou à 20h30.

Cependant, les jeunes de Moapé, un village situé à quelques encablures d’Adzopé, sont redoutés à la fois par les voyageurs et les transporteurs. Le dimanche 20 mars dernier, un chauffeur venant de Bondoukou a été sauvagement tué dans ce village. D’après nos sources, il a été assassiné à coups de machettes après qu’il a eu le malheur d’avoir accidentellement écrasé un enfant, suite à une panne de ses freins. Son véhicule a été incendié.

La tristesse se lit sur les visages des transporteurs de Bondoukou. Si la crise perdure, "il n’y aura plus de véhicule, dans quelques jours, en partance pour Abidjan", nous a confié un autre chauffeur. Déjà, avec l’exode massif des populations fuyant la capitale économique ivoirienne, plus aucun minicar ne transporte des voyageurs en direction de cette ville. Les véhicules s’y rendent vides pour prendre ceux qui en sortent sont rares. Le manque à gagner au niveau de la consommation du carburant est compensé par une hausse vertigineuse des coups du transport : 20 000 f CFA au lieu de 7 000 f CFA par client.

Dans ces conditions, la crise socio-politique qui secoue la Côte d’Ivoire apporte plus des souffrances qu’elle ne fait du bien aux Ivoiriens.

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