topblog Ivoire blogs

dimanche, 02 octobre 2011

Bondoukou : la cité de l’igname

A chaque région de Côte d’Ivoire, correspond une culture vivrière spécifique. Pour le Zanzan dont Bondoukou est la capitale, l’igname occupe une place centrale.


Tas-d'ignames-a-Bondoukou.jpg

Plusieurs variétés sont cultivées dans le Nord-Est ivoirien. Elles sont classées en deux grandes catégories : l’igname précoce et celle dite tardive.
Dans la première, on trouve le "kponan" (tubercule prisé), le "logobêri", le "diékouakou", le "manpan", le "tréla", et bien d’autres. Ces tubercules ne tardent pas avant d’être consommés, d’où leur noms d’ignames précoces. Mises en terre tôt (courant janvier-février), elles sont déterrées vers fin août et début septembre.

Dans la deuxième catégorie, on trouve le " bêtê-bêtê", le "florido", le "kokomséné" (à cheval entre la précoce et la tardive), etc.

L’igname est l’aliment de base des populations du Zanzan. Elle se consomme de diverses façons. Mais le "foutou" reste la seule véritable manière de la consommer. A ce titre, il n’est pas concevable de trouver une famille sans un mortier et un pilon, ustensiles indispensables pour la préparation du "foutou".

Ailleurs, le féculent est consommé après sa transformation en "foufou". Ici, on le fait bouillir. On l’écrase ensuite dans un récipient. Puis on ajoute de l’huile rouge (huile de palme non raffinée) au produit obtenu. Cette manière de manger le tubercule se voit surtout chez les peuples du Sud.

Le Zanzan est sans doute la cité de l’igname. 60% de la production vendue sur le territoire national en sont issus. Une place de leader qui engendre un paradoxe : l’igname n’est pas moins chère à Bondoukou qu’à Abidjan, contrairement à ce que certains s’imaginent.

Ce paradoxe trouve son explication dans le bitumage de l’axe Bondoukou-Bouna au milieu des années 1990-2000. Bondoukou constituait le point de chute de toute la production avant son acheminement sur Abidjan. Ce qui permettait au marché local d’être bien fourni.

Depuis le bitumage de la route, Abidjan accueille une bonne partie de la production. Conséquence : la capitale économique est inondée pendant que les tubercules se font rares à Bondoukou. Voilà qui explique le prix relativement élevé de l’igname dans le Zanzan, par rapport à son coût bas à Abidjan.

Commentaires

Un centre de stockage géré par un comité de Gestion garantirait la production. L'igname se consomme sur toute l'année. Sensibilisons nos parents à la diversification des aliments.

Écrit par : Adou Koffi Patrice | samedi, 22 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.