topblog Ivoire blogs

samedi, 06 octobre 2012

Les sculpteurs de mortiers de Bondoukou

L’igname. Aliment de base des populations du Zanzan. Plus de la moitié des tubercules consommés en Côte d’Ivoire sont produits dans cette région. Quoi de plus normal qu’à Bondoukou, des personnes fassent de la fabrication des mortiers un métier.


Bouare-Drissa.jpg
Il y a différentes manières de consommer l’igname. Pour sa préparation en "foutou", le mortier s’avère indispensable. Bouaré Drissa s’est spécialisé, depuis 20 ans, dans la fabrication de l’ustensile. Environ 20 jeunes maliens apprennent à ses côtés.

Situés en contrebas du quartier Zanzan, à la lisière de la rivière "Wamo", en venant du côté de la maison des Jeunes de Bondoukou, les sculpteurs font chaque jour les mêmes mouvements : le va-et-vient uniforme des mains tenant de petites haches. Qui font entendre le même bruit depuis 20 ans. Chacun des artisans travaille son morceau de bois. Ils n’ont pas le temps de répondre aux questions des curieux. Quand l’un d’eux accepte de parler, c’est pour renvoyer à Bouaré Drissa, le patron.

Apprents-de-Bouare-Drissa.jpg

A la question si les jeunes de Bondoukou s’intéressent au métier, la réponse de Bouaré est sans équivoque. « Aucun n’est venu me voir pour me faire part de son intention de l’apprendre. Pourtant, la porte est grandement ouverte ». Comment trouvez-vous le bois, la matière première ? « Avant c’était gratuit ! Aujourd’hui, on l’achat aux propriétaires », répond le quinquagénaire. Ajoutant qu’il n’est pas embêté dans son travail par les agents des Eaux et Forêts.

Une renommée au-delà du Zanzan

Au bout des efforts, ce sont les clients qui affluent pour se procurer le produit fini : mortiers ou pilons, ou les 2 à la fois. Ils viennent de toute la région du Zanzan, de très loin comme Abengourou, Abidjan,... . Les prix se négocient entre 3 000 f CFA et 10 000 f CFA. Gagnent-ils bien leur vie ? Le patron se montre réticent comme pour ne pas créer la concurrence, avant de répondre laconiquement « c’est un peu un peu ! ».

des-morceaux-de-bois.jpg

Le métier est passionnant mais harassant. Pas de matériel d’automatisation. En outre, le moyen de locomotion pour transporter le bois de la brousse jusqu’à l’atelier est cher. Tel l’argent entre, tel il sort pour louer des tronçonneuses et des véhicules !

Quoi qu’il en soit, le métier de sculpteur de mortiers nourrit son homme.
des-mortiers.jpg

des-mortiers-1.jpg

des-mortiers-2.jpg

Commentaires

On voit bien que les populatons qui fabriquent ces mortiers ne sont pas des connaisseurs de la culture et de la consommation de l'igname. La structure trop grossière des mortiers le montre très bien. Mais c'est très bien si la population y trouve son compte.

Écrit par : St-Ralph | dimanche, 23 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.