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vendredi, 09 décembre 2011

Législatives ivoiriennes : s’attendre à un faible taux de participation

Le dimanche 11 décembre, les Ivoiriens sont appelés à élire les membres de leur parlement. Ce, treize mois après l’élection présidentielle. L’on se rappelle que pendant ce scrutin, les populations sont sorties massivement pour accomplir leur devoir civique. Les législatives ne connaîtront certainement pas le même succès.


Pour ces élections locales, les personnes interrogées affichent leur indifférence. « Dimanche, je ne me déplacerais pas pour aller voter », s’exprime Roger Kouassi, étudiant. Le jeune homme dit s’être enrôlé au campus de Cocody. Pour les deux tours de la présidentielle, il a voté près de chez lui, au bureau situé à l’UFR de criminologie. Aujourd’hui, l’étudiant habite une autre commune, suite à la fermeture des résidences universitaires, le 22 avril dernier.

Comme lui, les ex-locataires des chambres U ne prendront pas d’assaut les dix bureaux de vote du campus. A ceux-ci s’ajoutent les déguerpis des bidonvilles alentours. Idem pour tous ceux, dans le district d’Abidjan, ont été contraints d’aller ailleurs, suite aux destructions de bâtiments dans le cadre de l’opération "pays propre".

Autre raison : la crise ayant résulté de la présidentielle de novembre 2010. Le souvenir continue de hanter les esprits. « A quoi ça sert d’aller voter, si c’est pour nous apporter le chaos ensuite », s’indigne Affoué Roxanne, la vingtaine révolue. Nguessan Vincent, sans emploi, se fait philosophe : « Vouloir être député, c’est vouloir que les autres nous donne du travail par leurs voix. Or moi je ne travaille pas, malgré mes diplômes. Je ne peux pas permettre à un retraité d’avoir du travail alors que je n’en ai pas moi-même. Donc, je n’irai pas voter ».

Par ailleurs, la plupart des personnes interrogées disent avoir perdu confiance dans les hommes politiques. « Ils promettent de vous envoyer au paradis. Mais une fois élu, vous ouvrent grandement les portes de l’enfer. Combien de fois n’ont-ils pas promis du travail aux jeunes ? », dénonce Kouakou Kouman.

Tous ces propos permettent de parier sur un fort taux d’abstention, ce dimanche. Les signes avant-coureurs sont visibles. Les populations boudent la campagne. Aussi bien dans les communes d’Abidjan que dans les villes de l’intérieur. Les publics clairsemés lors des meetings des candidats sont parlants. Un manque d’engouement que le Front populaire ivoirien (FPI) interprétera, sans doute, à son profit. Sa non participation au scrutin, surtout l’arrestation puis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) seront ses arguments.

Un faible taux de participation, dimanche, risque d’être défavorable au Rassemblement des républicains (RDR). Qui se doit d’être majoritaire à l’Assemblée nationale, pour conforter le pouvoir du président Alassane Ouattara.

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