topblog Ivoire blogs

lundi, 16 janvier 2012

Voeux de nouvel an: faut-il les prendre au sérieux?

Toute fin coïncide avec un début. L’an 2011 a laissé place à 2012. Début d’année rythmé par les vœux "pieux" à l’égard "des êtres chers". Et si ces souhaits sont dénués de sincérité ?


« Bonne et heureuse année ». « Que Dieu nous donne longue vie ! ». « Je vous adresse mes vœux, les meilleurs ». Ce sont-là quelques-unes des phrases prononcées ces jours-ci. Les mêmes propos tenus par des hommes différents de race, de culture, de langue, de pensée. Et ne vivant pas tous sur le même continent. Les vœux de nouvel an, simple coutume mondiale ?

Par conformisme, fidélité à la tradition, les humains formulent les mêmes souhaits. En ce sens, je peux formuler des vœux sans qu’ils ne soient l’expression de ce que je veux. Vouloir du mal à quelqu’un, tout en maquillant mon vœu de beaux propos. Et justement, l’hypocrisie humaine s’exprime, de manière angélique, en début d’année.

L’être humain sait faire semblant. Il aime dire ce qui plaît à l’oreille, ce que l’autre veut entendre. Je peux vouloir que le diable emporte mon ennemi, en lui disant « que Dieu te bénisse ! ». Le « je vous adresse mes vœux, les meilleurs », une subtilité du langage. Celui à qui s’adresse le message s’en réjouira, sans doute. Pourtant mes "vœux les meilleurs" seraient qu’il fasse un accident.

En plus d’être hypocrite, l’homme est égoïste. Nul n’est assez altruiste pour penser aux autres avant soi. Dire à quelqu’un « que tu gagnes beaucoup d’argent cette année ! » alors qu’on est soi-même pauvre, paraît insensé.

Bonne et heureuse année. Et après ? Quelle bonne action chaque humain pose pour une année sans souffrances ? Si les bonnes paroles étaient sincères, les hommes ne se livreraient pas des guerres, pire manifestation de la bestialité humaine. Cette évidence accrédite la thèse des propos mielleux souvent trompeurs.

Par ailleurs, les humains n’ont pas les mêmes goûts. Les critères d’évaluation du Bien changeant d’un endroit à l’autre, d’un homme à un autre. Instabilité des principaux moraux : le bon pour moi, mauvais pour l’autre. Voilà comment on offense souvent l’alter ego, en pensant bien parler. Mon vœu que Paul ait beaucoup d’enfants, une malédiction s’il n’en a pas besoin.

Les hommes se réjouissent dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Au coup de minuit, ils s’embrassent. Certains prient, remercient Dieu de leur avoir permis d’entrer dans la nouvelle année. D’autres disent : « certains n’ont pas eu cette chance. Si moi j’ai eu la chance d’être en vie et d’entrer dans la nouvelle année, je dois me réjouir ». Preuve que nous marchons vers la mort à reculons. Personne ne veut vraiment mourir. Les religions dites révélées ont beau affirmer la primauté de la vie après la mort. Mais le lien nous rattachant aux plaisirs terrestres semble plus solide.

Le fait d’être en vie, vraiment un avantage ? Pas si sûr. La mort est délivrance. Elle met fin aux souffrances que les hommes endurent sur terre. Personne n’est revenu de chez les ancêtres pour dire qu’il veut revivre, parce que malheureux. Nous, encore vivants, inutile de nous considérer chanceux. L’idéal, partir tôt de ce monde de malheurs. Plus tôt l’homme aura quitté la terre, moins auront été ses problèmes (financiers, économiques, vestimentaires,…). Pourquoi dire « que Dieu nous donne longue vie ! », si c’est pour souffrir tout au long ? Au fond, une longue vie pour quoi faire ?

Ne surtout pas se suicider pour abréger ses souffrances. Hormis les déséquilibrés psychiques, seuls les lâches et les incapables se donnent volontairement la mort afin d’échapper aux difficultés de l’existence. Les affronter, c’est cela aussi vivre.

Le trépas vers lequel l’on ne veut pas partir, la joie exubérante de la fête y conduit. Prendre le volant le 31 décembre, après avoir abondamment bu de l’alcool, conduit à la mort. Chaque année qui passe rapproche davantage l’homme de sa fin. La mort, le seul avenir certain. Pas de plaisir à entrer dans la nouvelle année avec un accident d’où on sort estropié.

Par naïveté, on croit en la sincérité des vœux de nouvel an. Rien au-delà de leur caractère coutumier. Attention donc ! Tout ce qui brille n’est pas de l’or. Les artifices de l’homme n’ont pas de limite.

Les commentaires sont fermés.