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samedi, 23 juin 2012

Sauver le Wamo du péril

Le Wamo, rivière qui traverse la ville de Bondoukou du nord au sud. A l’image de ce qu’est devenue la lagune ébrié, après avoir valu à Abidjan l’appellation "perle des lagunes", le Wamo se meurt.


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Un peu d’histoire

L’unanimité ne semble pas faite sur le nom du fondateur de Bondoukou. En effet, trois groupes se disputent l’ancêtre : les Gbin, les Nafanan et les Gron. Les deux derniers étant les premiers habitants, selon Ouattara Bema, muséologue. Tout serait parti de Sié Kobenan, un chasseur.

Les Gbin auraient suivi quelques temps après. Une place de seconds qu’ils contestent. Selon eux, c’est à Tabri Adrè (leur aïeul) que l’on doit la naissance de Gontougo (Bondoukou). Propos de Kouakou Yao Dabila, l’actuel chef de la minorité gbin. Un peuple se considérant le point centrifuge. Le petit noyau d’où serait partie l’histoire première de la capitale du Zanzan. Il attribue à son lointain ancêtre la paternité de la 1ère case de la ville. Un symbole vivant de l’histoire ancienne de Bondoukou.

Origine du nom "Wamo"

Les Gbin sont formels : Tabri Adrè n’a dit à personne d’où il est venu pour bâtir sa maison. Dont le site devenu plus tard un village, puis une ville. Serait-il venu du Ghana ? Mystère. Moins mystérieux pourtant l’origine du nom "Wamo".

"Waabo", à l’origine. Littéralement « celui qui a souffert » (en langue koulango). L’eau du ruisseau serait imbuvable. L’ancêtre l’aurait rendue buvable à la suite de multiples libations. Beaucoup d’efforts fournis. Il aurait alors crié « waabo ! ». Moralité : rien ne s’obtient sans souffrance. Une histoire que l’aïeul gbin a portée à la connaissance de ses enfants, bien des années après.

Devenu "Wamo" par déformation phonique du colonisateur. Rivière sacrée pour les Gbin. Un lieu pour l’accomplissement de certains rites : libation, mariage, cérémonie de purification,... . Tout gibier provenant de cette eau, totem pour ce peuple.

Le Wamo n’a jamais tari. Il ne s’est jamais asséché. « Il n’a jamais totalement manqué d’eau, même en saison sèche », affirme Dabila.

Mais pour combien de temps ? Le petit ruisseau fait l’objet d’agressions. L’ensablement, la pollution, les ordures…le menacent de disparition. Destin tragique, qui aurait pu être autrement.
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Les cours d’eau, une des caractéristiques des plus belles villes du monde. Soit bordées, soit traversées par des fleuves. Paris avec la Seine (France). La Tamise pour Londres (Angleterre). Berlin, traversé par le Rhin (Allemagne). L’Hudson à New York (Etats-Unis). Le Caire avec le Nil (Egypte)… .

Des capitales prisées par certains de nos élus locaux (maires, conseillers généraux, députés). Ils y passent leurs vacances. Paris ou Londres comme lieu de villégiature parce que bien entretenu. Autrement, qui s’y rendrait pour, dit-on, se reposer ?

A Bondoukou, les rives du Wamo auraient pu être embellies. Pour offrir à la ville une splendeur inégalée entre les localités de l’intérieur du pays. Au lieu de cela, des herbes sauvages étouffent la rivière. Au nez et à la barbe des autorités locales.

S’il était entretenu, le ruisseau jouerait un rôle mieux apprécié. Pourquoi pas un lieu de plaisance, de détente ? La mairie y trouverait une source de revenus additionnels. Personne ne semble y penser. Ou alors on y songe. Mais on se réfugie derrière l’argument "facile" du manque de moyens financiers.

La propreté dans les communes incombant aux mairies. Cependant celle de Bondoukou ne collecte plus les ordures. Elle dit ne pas avoir les moyens pour réparer un tant soit peu les rues. Abandonnées à une hypothétique intervention de l’Etat. Où part l’argent des contribuables ? « A quoi servent les taxes municipales et autres impôts ? », s’interrogent des habitants.

Attend-on qu’un Européen fasse la morale ? En disant : « habitants de Bondoukou, le Wamo est un trésor. S’il était chez nous, on l’aurait entretenu ». La municipalité de Bondoukou ouvrira probablement les yeux. Avant que ce jour n’arrive, la belle rivière aura peut-être rendu son dernier souffle.

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Commentaires

C'est vraiment dommage ce qui arrive à ce beau cours d'eau qui traverse la ville de Bondoukou!!! Vivement que les autorités prennent des mesures drastiques pour sauver ce cours d'eau!!!! Quand aux gbin,qu'ils arrêtent de faire chier les gens avec leur mensonge!!! Nous savons tous qu'ils ne sont pas les fondateurs de la ville!!! Que les nafanas(vrais propriétaires terriens) se manifestent aussi afin que la vérité soit connue de tous!!!!

Écrit par : OUATTARA AMORO | mercredi, 20 juin 2012

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