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mercredi, 21 novembre 2012

Visite d’Etat dans le Zanzan : Les populations de Transua et Kouassia-Niadjuni veulent voir le président

Il est le président des fédérations et mutuelles pour le développement des sous-préfectures de Transua et Kouassia-Niadjuni. Dans cet entretien, Kouadio Sey exprime le mécontentement des populations. Raison : la zone ne figurerait plus au nombre des localités à visiter par le président de la République.

A quelques jours de l’arrivée du Chef de l’Etat dans le Zanzan, les populations de Transua et Kouassia-Niadjuni grognent. Quelles en sont les raisons ?

Je ne sais pas si on doit appeler cela "grogne". Ce que nous savons c’est que nous avons appris que le Chef de l’Etat devait venir chez nous. Aux dernières nouvelles, il ne viendra plus à Transua. Les populations sont amères. Elles veulent voir le Président dans leur localité.

Pourquoi tenez-vous à ce que le Président se rende à Transua ?

Nous voulons que le Président vienne à Transua parce que s’il visite les départements de la région du Gontougo, c’est bon qu’il visite aussi le nôtre. Le Zanzan, c’est plusieurs groupes ethniques. On se rend compte que nous les Abron sommes oubliés.

Pourtant le Chef de l’Etat se rendra à Tanda

La grande région de Bondoukou est la région des Abron : je suis d’accord. Mais la réalité, c’est à Transua, Assuéfry, et Kouassia-Nadjunin qu’on trouve les Abron. Ce sont ces 3 sous-préfectures qui constituent leur base.

Quels sont les problèmes spécifiques des populations de ces 3 circonscriptions administratives ?

Voir la suite de cet entretien en cliquant sur http://lesinfosduzanzan.wordpress.com/.

vendredi, 16 novembre 2012

Le ministre Adjoumani, sur la visite d’Etat dans le Zanzan : « Il ne s’agit pas de savoir si on est prêt ou pas à recevoir le président… »

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Interview du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, responsable du Comité sensibilisation et mobilisation de la visite présidentielle dans le Zanzan.

Que ressentez-vous, en tant que cadre du Zanzan, vu que votre région est la 2ème, après l’Ouest, à recevoir le président de la République, dans le cadre de ses visites à l’intérieur du pays ?

C’est un grand honneur pour les élus, cadres et populations du Zanzan que nous sommes, de recevoir, à l’occasion de sa 2ème visite d’Etat, le président Alassane Ouattara. Nous avons accueilli la nouvelle avec beaucoup de joie. Et depuis un moment, les préparatifs vont bon train.

Qu’attendez-vous de cette visite d’Etat ?

Pendant la campagne électorale, le président de la République a fait la promesse aux populations qu’il allait leur rendre visite, une fois élu. A commencer par les régions du Tonpki, Cavally et Guémon. Aujourd’hui, c’est au tour du District du Zanzan de le recevoir. C’est donc pour nous une fierté. Cela veut dire aussi que le président de la République honore ses engagements. Il l’a dit et il va le faire. Mais les populations du Zanzan attendent les retombées positives de cette visite. Lesquelles sont en rapport avec le fait de développement. En effet, quand un chef d’Etat se rend dans une localité, il prend connaissance du livre blanc confectionné par les cadres. Il y va également pour travailler avec les populations en vue de voir les priorités de développement. Au nombre de celles-ci, se trouvent les routes, l’électricité, l’eau. Parce qu’il y a, bien sûr, le manganèse qui est aujourd’hui exploité dans nos régions. Le président Alassane Ouattara apporte donc le développement au Zanzan. Déjà, les machines sont sur le terrain pour entretenir des routes et d’autres sites. On aurait souhaité que la plupart des travaux commencent bien avant, mais il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Des entrepreneurs sont à la tâche, qui au niveau de l’électricité, qui en ce qui concerne l’eau potable…Je crois que tout cela va avec le développement.

Il nous revient que certaines personnes souhaitent que le chef de l’Etat réalise beaucoup de projets dans le Zanzan, comme ce fut le cas dans l’Ouest, avant d’y aller. Votre région est-elle prête à le recevoir ?

...

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vendredi, 09 novembre 2012

Alliagui Soumaïla de la RJR de Bondoukou : « Si le ministre Adjoumani se présente aux Régionales, nous n’allons pas le voter »

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Alliagui Soumaïla, à la fois président des jeunes de Soko, membre de la jeunesse communale de Bondoukou et membre RJR de cette ville. Dans cet entretien, il n’a occulté aucun sujet.

Vous avez souhaité nous rencontrer. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Alliagui Soumaïla, membre du RJR (Rassemblement des jeunes républicains, NDLR) de Bondoukou commune depuis 1996. Je suis membre actif du RDR (Rassemblement des républicains, NDLR) de cette ville. Par ailleurs, je suis le président des jeunes de Soko.

En tant que premier responsable de la jeunesse de Soko, quel regard portez-vous sur votre village ?

Le village frontalier tente de sortir de sa léthargie. De par ses singes sacrés, il est connu au double plan national et international. Mais Soko a accusé un grand retard au niveau du développement. Certes nous avons un centre de santé et trois écoles primaires. Cependant vu le nombre d’enfants scolarisés, nous demandons la construction d’un collège moderne. La position stratégique de Soko exige que l’on y construise un marché international. A l’image de celui de Noé. Le poste des douanes a besoin d’être réhabilité pour permettre l’essor du commerce transfrontalier. Le développement de Soko en dépend. C’est pourquoi nous avons été peinés d’apprendre l’abrogation du décret pris par l’ex-régime érigeant Soko en commune rurale.

Vous êtes aussi un des membres de la jeunesse communale de Bondoukou. Aujourd’hui, quel est l’état de santé de cette ville ?

Les infrastructures construites à la faveur de la fête de l’indépendance en 1971 sont gagnées par l’usure. Elles sont devenues vétustes. Même si on félicite le Programme présidentiel d’urgence pour avoir réglé un tant soit peu le problème de l’électricité, je dois vous dire qu’à Bondoukou il n’y a pas d’eau. Les populations peuvent passer une ou deux semaines sans eau. Les capacités du château ne suffisent plus pour fournir de l’eau aux habitants. Au niveau de l’éducation, Bondoukou a un seul lycée. La population éducative ayant augmenté, il faut construire plusieurs lycées et collèges. Aussi bien dans la ville que dans les départements et sous-préfectures. On doit enfin construire le lycée pour jeunes filles comme l’Etat l’a promis. Que débute les travaux de l’université annoncée ! Au niveau des infrastructures routières, c’est grave. A Bondoukou, on ne parle pas de nids-de-poule mais de "nid-d’éléphant". Franchement, nous avons pensé qu’avant l’arrivée du président Alassane Ouattara les infrastructures routières allaient être restaurées. Jusqu’à présent, rien. Le président de la République avait même annoncé les travaux du bitumage des axes Bondoukou-Sampa et Bouna-frontière du Burkina avant la fin de cette année. Pour l’heure, pas d’indice pouvant permettre d’affirmer le début de ces travaux.

Vous ne croyez donc pas aux promesses du chef de l’Etat ?

Si j’y crois ! Seulement nous, jeunes, sommes impatients. La jeunesse attend le début des travaux pour être embauchée. Depuis l’inauguration de l’usine Olam de Bouaké, on avait fait la promesse que la prochaine usine d’anacarde sera construite à Bondoukou, compte tenu du fait que le Zanzan constitue une grande région productrice. La construction de cette unité était annoncée avant l’ouverture de la campagne 2013. A quelques mois de cette traite, nous ne voyons rien. Pourtant, nous jeunes, avions lutté pour que l’anacarde ne parte pas au Ghana. Nous avions risqué nos vies pour donner la chance à l’implantation de cette usine à Bondoukou. Les structures de régulation de l’anacarde se trouvent à Abidjan, c’est-à-dire là où on ne le produit pas. Dans une zone productrice comme le Zanzan, y a rien. Ce n’est pas normal.

Vous venez de dresser un tableau sombre concernant Bondoukou. Comment expliquez-vous cet état de faits ? Le Zanzan est pourtant connu comme une des régions ayant fourni beaucoup de cadres à l’administration publique.

Le problème de Bondoukou, c’est le manque d’union de ses enfants. Sinon depuis le président Houphouët, beaucoup de cadres du Zanzan ont travaillé dans la haute administration. Aujourd’hui encore, beaucoup occupent de hautes fonctions. Mais la discorde, le manque d’union de ces cadres constitue, selon moi, la plaie qui ronge toute la région. Chacun veut en finir avec l’autre pour des intérêts particuliers. Or ce qui prime, c’est le développement de la région. C’est ce dont nous avons besoin, pas autre chose. A la vérité, le Zanzan n’a pas un leader capable de penser le développement.

Venons-en à la vie de votre parti, le RDR. Comme se porte-t-il à Bondoukou depuis l’élection du président Ouattara ?

Voir la suite de cet entretien sur http://lesinfosduzanzan.wordpress.com/.

mercredi, 10 octobre 2012

Professeur Babacauh aux cadres de Bondoukou : « Ayons des comportements civilisés ! »

Suite et fin de l'interview de professeur Babacauh.
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On ne peut pas rencontrer le professeur Babacauh sans évoquer la question du PDCI-RDA. Vous êtes un des défenseurs acharnés des idéaux de cette formation politique et vous êtes le doyen des délégués départementaux de ce parti. Aujourd’hui quel est l’état de santé de votre parti dans la région ?

Pour être sincère avec vous, le PDCI-RDA a connu quelques perturbations. Si bien que le parti a un peu reculé dans la région, ces dernières années. Les résultats des dernières élections l’attestent malheureusement. Puisque nous avons perdu beaucoup de postes. Mais je vous signale, à toutes fins utiles, que ma délégation (Bondoukou 2) a pu faire élire le candidat PDCI aux législatives. Dans l’ensemble, le bilan n’est pas satisfaisant.

Alors, comment comptez-vous remonter la pente ?

La redynamisation du parti dans le Gontougo passe nécessairement par la motivation et la promotion des militants. En particulier, des cadres qui ont en charge l’animation du parti à la base. Ces derniers attendent des mesures incitatives idoines.

Récemment, nous avons constaté dans la presse des sorties controversées de certains cadres de la région, laissant croire que des distorsions existent en votre sein. En tant que un des doyens du Gontougo, cela doit vous interpeller. N’est ce pas ?

Ce semblant de divergences entre cadres dénote de la vitalité de la démocratie dans notre région à l’approche des élections locales. Toutefois, n’oublions pas que certaines positions extrêmes peuvent conduire à des impasses regrettables pour tous. C’est le lieu d’insister sur la nécessité de cultiver la démocratie apaisée telle que nous le recommande le Président Bédié. Pour ce faire, chacun d’entre nous doit observer un comportement civilisé.

Professeur, c’est vrai qu’il est souhaitable d’avoir un comportement civilisé, malheureusement ce n’est pas ce que nous constatons, que proposez-vous ?

Les élections locales à venir sont l’occasion pour certains cadres d’exprimer leurs ambitions à participer au développement régional. Cela est légitime. D’autre part, elles permettent à d’autres intelligences d’éclore et de faire leurs preuves en apportant leurs expériences et leurs compétences à la région. Ceci étant et pour répondre à votre question, il me paraît impératif de faire appel à toutes les compétences sans distinction pour gérer les collectivités locales, outils de développement par excellence. Il faut donc aller ensemble dans l’union et la discipline avec des ressources humaines disponibles et rompues à la gestion. En effet, c’est la diversité des forces qui crée le développement durable et non le monopole.

Bientôt le PDCI organise son congrès, le 12ème du genre. Quelle ambiance souhaiteriez-vous voir ?

C’est l’ambiance fraternelle qui a toujours prévalu au PDCI. C’est vrai que l’on entend des sons de cloche ça et là, c’est normal. On dit que la langue et les dents ont parfois des problèmes de cohabitation. Et pourtant elles sont condamnées à vivre ensemble. Le foisonnement de pensées et d’idées fait la vitalité du parti. La liberté d’expression est notre leitmotiv dans le respect des autres. Par moments, l’on assiste même à une sorte de conflit de génération. Malgré cela, on finit toujours par s’entendre sur l’essentiel.

Pour mémoire, sous Laurent Gbagbo, vous avez été l’objet de menace parce que vous défendiez les intérêts de vos parents dans le cadre de l’exploitation du manganèse. Malgré tout, vous avez battu campagne pour le Président Alassane Ouattara au second tour en tant directeur de campagne adjoint. Aujourd’hui quel regard portez-vous sur le nouveau régime ?

D’abord, c’est un grand soulagement et une grande satisfaction que le Président Ouattara soit au pouvoir. C’est parce que je défendais les intérêts de la population du Zanzan au sujet du manganèse que l’ancien régime m’en voulait. Les responsables d’alors étaient sur le point de me jeter injustement en prison. Aujourd’hui, avec l’arrivée du Président Ouattara, toute la Côte d’Ivoire respire mieux. Notre souhait est que nous soyons tous embarqués dans le train du développement. Nous voulons travailler pour que le Zanzan en général et le Gontougo en particulier contribue à l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020. Pour toutes les actions déjà posées en un si peu de temps, le bilan est largement satisfaisant. La Côte d’Ivoire s’est remise en marche et le Président Alassane a notre soutien.

Au terme de cet entretien, que voulez vous que l’on retienne ?

Nous demandons à tous les cadres du Gontougo, toutes sensibilités confondues, de nous rejoindre pour le développement de notre région. Ensemble, nous sommes certains que nous réussirons cette mission. Frères, sœurs, jeunes, femmes, élèves et étudiants, la région a besoin de toutes les compétences. Le Zanzan en général, le Gontougo en particulier doit s’unir pour sortir de sa léthargie. S’agissant de la visite prochaine du Chef de l’Etat dans notre région, nous invitons toutes les forces vives du District à lui réserver un accueil des plus exemplaires. Nous souhaitons que le Président puisse répondre aux attentes de nos populations. A l’occasion de la campagne du deuxième tour de la présidentielle, nous avons dit aux populations que lorsque Ouattara sera au pouvoir, il fera beaucoup de choses pour elles. On leur a dit que l’anacarde s’achètera au meilleur prix et que le problème du manganèse trouvera une solution juste. Nous sommes convaincus que le Président nous aidera à répondre à toutes ces préoccupations.

Interview réalisée par Jérôme N’Dri

mardi, 09 octobre 2012

Professeur Babacauh : « Il est juste que le Zanzan reçoive le triple des investissements programmés dans d’autres régions »

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Dans plusieurs localités, le PDCI se prépare pour les élections municipale et régionale. Dans le Gontougo, le ton est donné à travers les actions des potentiels candidats. Dans cette interview accordée au journal Le Mandat, lundi 1er octobre, professeur Babacauh Koffi Dongo, délégué départemental de Bondoukou 2, parle aussi bien des élections que du problème de l’exploitation du manganèse dans le district du Zanzan. Sans omettre d’évoquer la visite prochaine du chef de l’Etat dans le Nord-Est. (1ère partie).

Bonjour professeur ! Vous n’avez pas l’habitude de vous livrer à la presse. C’est donc un honneur pour nous de vous avoir aujourd’hui. Comment se porte votre région, le Zanzan ?

Merci, je précise que c’est le District du Zanzan. Notre District se porte bien dans la mesure où depuis que le Président Ouattara est aux affaires. Nous sentons de mieux en mieux un environnement paisible et plus serein. On respire mieux. Cependant, il y a beaucoup à faire car il y a eu tellement de destructions lors de la crise post-électorale. Il faut donc du temps et d’énormes ressources pour reconstruire l’essentiel. Mais nous croyons que ça ira dans le Zanzan. Nous avons foi au Président Ouattara.

L’un des problèmes les plus préoccupants de l’époque, c’était celui du manganèse. Où en êtes-vous exactement aujourd’hui ?

Oui, pour ceux qui ne le sauraient pas, il y a effectivement du manganèse aussi bien dans la région du Gontougo que dans le Boukani. Le District du Zanzan regorge donc de ce minerai en grande quantité. Il y a eu des recherches visant à une éventuelle exploitation. Mais les textes qui consacrent l’exploration et l’exploitation de ce minerai n’étaient pas conformes à la règlementation en vigueur. Si bien que dans leur application, les populations riveraines ou occupantes des sites se sont senties grugées. En tant que fils et cadre de la région, nous avons été sollicité par les parents qui, parallèlement, ont saisi la justice pour défendre leurs intérêts.

Professeur, dites-nous comment aviez-vous procédé de manière à permettre à ceux qui se disent victimes de l’exploitation abusive de ce minerai d’avoir gain de cause ?

Disons que les populations qui se sont senties grugées se sont fait assister par un avocat. Les démarches de ce conseil juridique ont abouti. Puisque la Cour suprême a délibéré et a produit un acte qui annule l’arrêté pris par le ministre des Mines d’alors (Léon Emmanuel Monnet, NDLR) autorisant l’extension d’un des périmètres à explorer /exploiter autorisé par décret. Au vu de la grosse délivrée par cette haute juridiction, l’on attend de voir, les jours ou les mois à venir, les populations entrer dans leurs droits.

Est-ce à dire que l’exploitation est arrêtée ou alors elle se poursuit encore ?

Selon les dernières informations que nous avons en notre possession, l’exploitation se poursuit. Mais les démarches sont en cours pour que tout rentre dans l’ordre.

L’on se souvient qu’à l’époque, la tension était très vive. Les jeunes s’étaient violemment dressés contre Taurian, la société attributaire du permis d’explorer. Quelle est la situation aujourd’hui ?

Nous sommes intervenus et la situation est redevenue calme pour permettre à la justice de faire son travail.

Pourriez-vous nous expliquer un peu comment les choses se sont déclenchées ?

Il faut dire que les jeunes de Bondoukou voyaient passer à l’époque des files de camions chargés de minerai de manganèse à destination d’Abidjan. Cette exploration/exploitation a entraîné la destruction massive de plantations et de l’environnement sans que les parents ne soient indemnisés selon le code minier. Cela a révolté les jeunes qui ont donc décidé de s’opposer à cette exploitation qu’ils considèrent abusive. Certains cadres de la région dont moi-même, saisis par les parents, avons cherché à comprendre ce qui se passait. C’est ainsi que nous avons découvert, avec les avocats, les anomalies évoquées plus haut.

Quelles sont ces anomalies ?

Si je me permets de me répéter, la première anomalie réside dans l’illégalité de l’arrêté d’extension pris par le ministre. La deuxième résulte de la non-indemnisation ou l’indemnisation partielle des parents qui ont subi de graves préjudices.

A part la voie judiciaire, est-ce que vous avez saisi aussi les autorités administratives et politiques ?

A ce sujet, deux comités de suivi ont été mis en place. Un comité départemental présidé par le préfet de région et un comité local présidé par le professeur Babacauh, votre serviteur. Ces deux comités travaillent de concert. Les autorités ont toujours été saisies des doléances des populations.

Quelles étaient les dispositions prises par les autorités étatiques d’alors ?

Suite aux doléances formulées par le comité local qui est l’interface entre l’administration, les parents sinistrés et les jeunes, le chef de l’Etat d’alors, le Président Gbagbo a promis la construction d’une usine de ferromanganèse dans la région. Mais il y avait un problème de puissance électrique, la région étant sous-alimentée. Donc pour que cette usine soit fonctionnelle, il va falloir augmenter la puissance électrique de la zone.

Avec la chute de l’ex-régime qui avait fait cette promesse, il est donc à craindre que ce projet ne voie plus le jour. N’est-ce pas ?

D’abord, nous précisons que les autorités actuelles ont eux aussi été saisies de la question. Le ministre actuel des Mines et de l’énergie a été également saisi du dossier. Il a même programmé une rencontre avec les comités de suivi à Bondoukou. Par ailleurs, il convient de noter qu’à peine arrivé au pouvoir, le Président Ouattara nous a aussi donné des lueurs d’espoir à travers le Programme présidentiel d’urgence(PPU). Si ce programme est mis en œuvre dans notre région, toutes les commodités pour son développement pourraient avoir le jour. A savoir l’énergie, l’adduction en eau potable et les infrastructures routières.

Est-ce que dans vos démarches, vous êtes toujours en phase avec vos parents ?

Bien sûr. D’ailleurs, ce sont eux qui nous ont sollicité et toutes les actions que nous entreprenons se font avec leur aval. Ils ont toujours exprimé leur satisfaction et leur fierté de nous voir à leurs cotés.

Vous êtes un des cadres de cette région et l’on apprend que le Chef de l’Etat effectue très bientôt une visite dans le District du Zanzan. Quels sont vos sentiments ?

C’est un sentiment d’immense joie qui nous anime en apprenant une telle nouvelle. Vous savez : c’est la 2ème visite d’Etat après celle de l’ouest ! Nous ne pouvons que nous en réjouir. L’information a été rendue publique lors d’une grande réunion à Bondoukou, samedi 2 septembre. Toutes les forces vives de la région sont mobilisées pour accueillir le Président. Surtout qu’en pareille circonstance, le Chef de l’Etat arrive avec les bras chargés. Nous sommes convaincus que la plupart des problèmes du Zanzan seront résolus.

Cela suppose que vous avez de nombreuses attentes que vous souhaiteriez voir satisfaites. Peut-on en avoir une idée ?

Je vous ai dit à l’entame de cette interview qu’il y avait beaucoup à faire dans la région. En effet, au-delà de la grave crise post-électorale dont le Zanzan est une grande victime, notre région est restée dans la léthargie pendant 10 ans. C’est une des régions qui a souffert du manque d’investissement national. C’est ce qui fait dire que pour rattraper son retard, il est juste que cette région reçoive le double, sinon le triple des investissements programmés dans d’autres régions. C’est dire qu’il y a plus d’efforts à faire dans le Zanzan pour permettre à toutes les régions du pays d’être au même niveau de développement. Surtout que l’objectif du Chef de l’Etat c’est de permettre à la Cote d’Ivoire d’être un pays émergent à l’horizon 2020. Et le Zanzan ne doit pas être en marge de cette noble ambition.

Quels sont donc les problèmes clés du Zanzan ?

La principale préoccupation des populations du Zanzan est la mévente de l’acajou, principale source de revenus de la région. Une fois ce problème maîtrisé, nos populations seront à moitié soulagées. La résolution de ce problème passe inévitablement par l’amélioration du prix d’achat et surtout la transformation locale de cette matière première. Cela nécessite la construction d’unités de transformation, l’amélioration du réseau routier et l’augmentation de la puissance en énergie électrique de la région. Vous savez aussi que notre région a un fort taux d’analphabétisme et de mortalité, notamment infantile. C’est pourquoi en plus des usines de transformation de noix de cajou que nous sollicitons, nous souhaitons voir doter notre région d’infrastructures scolaires et sanitaires adéquates. L’anacarde, faut-il le souligner, est une filière qui peut résorber le chômage dont le taux élevé aujourd’hui est très préoccupant. Surtout la jeunesse dont le salut se trouve en grande partie dans l’exploitation industrielle de cette denrée. Quoique timide dans le sud du Gontougo, la relance de la cacaoculture est à encourager dans le cadre de la diversification des cultures de rente. Par ailleurs, certaines cultures telles que le palmier à huile et l’hévéa peuvent connaître une extension si les expérimentations en cours dans la zone forestière sont concluantes.

Le Zanzan a-t-il d’autres potentialités économiques à promouvoir ?

Les potentialités économiques sont énormes. En plus des cultures pérennes, les vivriers traditionnels, notamment l’igname dont le Zanzan détient la palme de la qualité et de la quantité, peuvent contribuer à satisfaire les besoins nationaux. La partie nord, grâce à son climat soudanien, est propice à la production des mangues d’exportation. Le Boukani à cet effet est comparable à la région du Poro (Korhogo). Le Boukani bénéficie également d’une large couverture en bas-fonds très favorables à la riziculture. A condition d’y mettre les moyens, cette région peut encore contribuer à l’autosuffisance en riz. Comme ce fut le cas dans les années 75-77. Une de nos priorités, c’est de faire en sorte que notre agriculture soit intensifiée et mécanisée dans le Zanzan. Ainsi, nous aurons non seulement une autosuffisance alimentaire mais aussi nous pourrons garantir la durabilité de notre production agricole. Je signale que le karité, le néré, l’arachide ainsi que les céréales traditionnelles telles que le maïs, le mil et le sorgho sont produits dans le Zanzan. Pour tout dire, le potentiel économique existe. Ce sont les moyens d’exploitation qui font défaut.

Au delà des enjeux économiques, il ya aussi l’enjeu de réconciliation nationale. Comment appréhendez-vous le processus de réconciliation dans votre région ?

Nous parlons de développement. Or, aucun développement ne peut se faire dans la division et le désordre. C’est pourquoi, nous apprécions la politique du vivre-ensemble prônée par le Chef de l’Etat. Le Gontougo s’est déjà inscrit dans cette dynamique. Et nous concernant, dans toutes les localités de la région où nous passons, nous ne prêchons que cela. Notre souci premier est d’emmener toutes les forces vives, sans distinction, à parler le même langage et à regarder dans la même direction. C’est-à-dire la paix et la réconciliation en vue de vivre ensemble pour mieux développer notre région. Pour ce faire, nous devons taire nos divergences politiques et nos ambitions personnelles. A suivre…

Interview réalisée par Jérôme N’Dri

samedi, 25 août 2012

Le maire de Marcory, un fils de Bondoukou

Pour ceux qui ne le savent pas, l’actuel maire de Marcory est de Bondoukou. Dans l’entretien qu’il nous a accordé à son domicile, lundi 20 août, Lamine Diabagaté a retracé le chemin qui l’a conduit à la tête de la commune. Une des plus riches de Côte d’Ivoire.
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Biographie

Né dans une des 5 familles de Karidioulasso (actuel Kamagaya), quartier de Bondoukou abritant le collège moderne, le futur maire fait son cycle primaire à l’école de la mission catholique. Établissement situé à quelques pas du domicile familial. Puis part à Agnibilékrou. Après y avoir passé quelques années, il séjourne à Abengourou pour la fin de ses études secondaires.

Lamine Diabagaté, un « fils de tout l’Est ivoirien », plaisante-t-il. A Abidjan, le jeune homme s’oriente vers la comptabilité. Mais l’œil avisé d’un "aîné expert-comptable" décèle plutôt en lui l’âme de "commercial". Suivant les conseils de ce dernier, il se forme en commerce et décroche un boulot dans la société d’un cadre, originaire du Zanzan. Précisément d’Iguéla, près de Tanda.

L’homme a de l’ambition. Il crée son entreprise en 1990. Société de marchandises générales de Côte d’Ivoire (SOMAGCI). Dont SOMAG-SEL, une des filiales, spécialisée dans l’importation de sel. La réalité du monde des affaires aura raison de son jeune âge. Le natif de la "ville aux 1 000 mosquées" n’a pas 30 ans quand il se lance dans l’univers impitoyable du business. Désenchantement ! Mais pas question d’abdiquer. Il "repart sur les bancs" pour mieux apprendre.

L’enfant de Karidioulasso signe son retour en implantant son entreprise dans la capitale économique du Niger. En plus du sel, elle importe d’Afrique du Sud des fruits (pommes, raisins, poivre…). Société florissante, puisque située à 50 kilomètres du Nigéria (la province de Kano). Potentiel marché d’environ 20 millions de consommateurs. Une persévérance récompensée. « C’est à cela que je dois ma réussite », fait savoir Lamine Diabagaté.

L’entrée en politique

En 2000, le patron fait son entrée en politique. A Marcory (sa commune de résidence), il est directeur de campagne du candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux municipales. La liste conduite par Akanda Assi Marcellin, du Front populaire ivoirien (FPI), remporte l’élection. N’empêche ! Le quinquagénaire devient conseiller municipal en mars 2001.

A la fin de la crise de 2011, un arrêté municipal, signé d’Akanda Assi lui-même, désigne le natif de Bondoukou maire intérimaire. Puis un décret du nouveau gouvernement le confirme dans sa fonction, après constat de l’absence prolongée du titulaire.

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Pas un hasard si Lamine Diabagaté préside aujourd’hui aux destinées de ce quartier chic d’Abidjan. Un poste "divinement" mérité. Profondément croyant, il affirme le devoir à Dieu. Qui l’a récompensé pour les bonnes et nombreuses actions posées à l’égard d’autrui. En tant qu’officier d’état-civil (2002), l’homme était plus sollicité que n’importe quel autre agent de la municipalité. Et il n’a jamais manqué de satisfaire un administré. Quitte à travailler tard dans la nuit, sans exiger des dessous-de-table. « Je savais que spirituellement j’étais payé. C’est le cumul de "Que Dieu te bénisse" depuis 10 ans qui a fait de moi le maire de la commune », précise l’enfant du Zanzan. N’en déplaise aux mécontents !

Le retour aux sources

Monsieur le maire n’a pas coupé le lien avec sa terre natale. Il se rend régulièrement à Bondoukou. Pour "saluer ses parents et bénéficier de leurs bénédictions". En moyenne, 1 fois chaque 2 mois. Mi-juillet, il y est. Le premier magistrat de Marcory a mis à profit son séjour pour rencontrer certaines personnalités.

A l’occasion, une promesse en fourniture de matériel de bureau (ordinateurs, chaises, …) a été faite au commissariat de police. Les dons seraient déjà à Bondoukou. Reste leur remise qui se fera sous peu, « au nom d’Ahmed Bakayoko, ministre de l’Intérieur ».

S’agissant du regard que porte le cadre sur sa région, il ne veut pas "montrer son village avec la main gauche". « C’est à l’Etat de construire les infrastructures de base. Mais il ne construira pas des duplexes pour les cadres. Il nous revient de faire de notre région un modèle. C’est aux cadres de la bâtir », dit-il. Affirmant par ailleurs l’excellence de ses rapports avec ses "frères". Ils se rendent visites. Se téléphonent à tout le moins. Ses relations avec les cadres militaires originaires du Zanzan, tout aussi bonnes.

Le maire dit avoir un projet sportif. En association avec un professionnel (de Bondoukou) jouant dans un grand club européen, il compte redonner vie au Sacraboutou sport, l’équipe locale de football.
Lamine Diabagaté a foi en l’avenir de sa terre natale. Il compte sur les nouvelles intelligences, la "nouvelle race de cadres", toujours « à l’écoute des uns et des autres », pour relever le défi du développement.

Il aurait pu aider les jeunes désemparés de Bondoukou. Mais l’administrateur ne connaît que la jeunesse sociale de Karidioulasso, son quartier. Quant à celle institutionnelle et bien organisée, « honnêtement, je ne la connais pas ! », déplore-t-il. Aucune "demande claire et formelle" à lui adressée dans ce sens.

Est-ce parce que l’officier d’état-civil serait peu connu en dehors de Kamagaya ? Hypothèse qu’il n’écarte pas. En effet, Lamine Diabagaté a quitté la ville en classe de CM1, dans les années 1970. Mais il demande à la jeunesse de ses sources de l’approcher, de se faire connaître. De porter à sa connaissance ses besoins, ses projets. Il a des ambitions pour elle.

Ce n’est pas encensoir de le dire : le premier magistrat de Marcory, serviable et disponible. Conséquence : son domicile assailli de visites. Certaines, à des heures indues. Il semble ne pas s’en plaindre. Après tout, c’est cela la vie d’un personnage public.

Ossène Ouattara