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lundi, 27 août 2012

Bondoukou fait peau neuve

Juin dernier, nous écrivions que Bondoukou attendait le Programme d’urgence d’infrastructures urbaines (PUIUR). Moins d’un mois après, les choses ont bougé positivement.

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La "ville aux 1 000 mosquées" se fait une santé. Malade de ses infrastructures, qui ont pourtant contribué à son charme, elle subit une cure depuis des semaines. « Bondoukou devient de plus en plus belle », reconnaît le jeune Assouman, gérant d’un cyber-café au centre-ville. Il suffit de se rendre au Centre hospitalier régional (CHR) pour se convaincre des actions du PUIUR.

Les traces de la vieillesse ont disparu à la maternité. La maison des nouveau-nés a, elle-même, retrouvé sa vigueur de jeunesse. Plus aucune trace de son inquiétant état comateux. Même constat au service de chirurgie. Le scalpel du PUIUR à redonner vie aux accidentés du temps. Murs défraîchis et plafonds moisis, désormais du passé. Et les travaux se poursuivent…

Un tour à la Présidence. Le domicile du chef de l’Etat a fière allure. Là-dessus, pas de polémique. Après tout, c’est quand même la résidence du président ! Mais tout près, la préfecture crie vengeance. Car abandonnée à son triste sort depuis des années. Préfet et secrétaires généraux de préfecture continuant de squatter, à leur corps défendant, des salles de la sous-préfecture.

Dans cette toilette urbaine, l’éclairage public et le système de drainage ne sont pas en reste. Les poteaux électriques défaillants, en train d’être remplacés. Des caniveaux curés. Longtemps hors d’usage, le pont sur l’axe lycée moderne-librairie K. Appia, à nouveau fonctionnel.

Bondoukou se vêt de nouveaux habits. Enfin le début des grands changements annoncés ? Marche continue ? Difficile de répondre. Rien n’a commencé au niveau de la voirie. Et les coupures d’eau continuent...

Des travaux de rénovation jamais aboutis, la ville en a connus par le passé. Les populations ont en mémoire le bitumage avorté du tronçon marché central-quartier Zanzan. Moins de 10 mètres de goudron posé (au niveau du Wamo). C’est en 1995, à la faveur du revêtement de l’axe Bondoukou-Bouna. Récemment (2009), la rue internationale partant du rond-point au stade Ali Timité a connu le même sort. Ou encore l’usine de conditionnement d’aliments de bétail que l’Union européenne (UE) aurait voulu implanter. Sur la route de Bouna, un large espace avait été aménagé pour cela.

Des exemples qui invitent à ne pas tomber dans l’euphorie. Pas mauvais cependant d’avoir commencé la remise à pieds des infrastructures. Comme on dit, 1 000 km commencent toujours par un premier pas.

Ossène Ouattara

Crédit photo: AIP

mercredi, 22 août 2012

Des élèves enceintes dans les établissements scolaires de Bondoukou

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A l’instar des localités du Nord, le district du Zanzan est notoirement connu pour son faible taux de scolarisation des filles. Mais dans les écoles, lycées et collèges de cette zone, on compte plus de grossesses que dans n’importe quel autre établissement d’enseignement du pays.

Le nombre d’élèves enceintes, assez élevé dans les 9 départements du district. Assuéfry, Bondoukou, Bouna, Doropo, Koun-Fao, Nassian, Sandégué, Tanda et Téhini. Des chiffres en progression d’année en année.

Dans le primaire, 98 cas de grossesses ont été enregistrés au cours de l’année scolaire 2009-2010. Chiffre passé à 133, un an après. Pour cette même année, dans le secondaire, ce sont 174 élèves enceintes dénombrées par la Direction régionale de l’éducation nationale (DREN). Un total de 307 grossesses en 2011.

L’année qui vient de s’achever a vu 48 cas dans le primaire, et 107 au secondaire. Le Service de santé scolaire et universitaire (SSSU) de Bondoukou va plus loin. Pour Tiangbé Mamadou, le médecin-chef, il y a eu 302 grossesses en 2008-2009. Nombre passé à 413 l’année d’après. Puis 432 en 2010-2011.

Les causes du phénomène

A Bondoukou, tous reconnaissent la pauvreté comme principale cause de ces grossesses. Les élèves reçoivent de l’argent de leurs parents une seule fois. C’est au moment de partir pour la rentrée des classes. Plus rien après.

Une fois en ville, les apprenants sont livrés à eux-mêmes. Se loger, assurer la pitance journalière, … autant de problèmes auxquels ils doivent faire face. Pour résorber celui du logement, filles et garçons mutualisent souvent leurs maigres économies. En s’associant pour louer une chambre. Quand les 2 sexes se partagent une pièce dans une promiscuité indescriptible, les conséquences sont vite perceptibles : des grossesses.

Qui sont les auteurs ?

Des apprenants auteurs de grossesses, chose pas rare dans les 9 départements du Nord-Est. Mais au "hit-parade", on retrouve des personnes exerçant de petits boulots. Capables de "dépanner" moyennant rapports sexuels. Ce sont les chauffeurs de taxis, commerçants (boutiquiers, vendeurs d’articles divers), menuisiers, mécaniciens, maçons… . Et dans une moindre proportion, les enseignants eux-mêmes et les corps habillés. Sauf que ces 2 derniers sont plus prudents.

Les conséquences

Les propos de docteur Tiangbé Mamadou les résument. « Les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions, l’abandon des études, l’échec scolaire, le rejet de la jeune fille par sa famille ».

Un problème bien connu des autorités locales. Sié Kobenan, président du Conseil général de Bondoukou, a lancé un appel à la Fédération des femmes du Zanzan (Gontougo). « Je vous encourage à engager des actions qui prennent en compte la lutte contre la sous-scolarisation de la petite fille et les mariages précoces. Des pratiques encore en cours dans notre région ».

Mais au-delà de simples déclarations, qui tombent toujours dans des oreilles de sourds, la construction du lycée de jeunes filles (avec internat) s’avère le meilleur rempart. Ça fait longtemps que Bondoukou attend la traduction en acte de cette promesse.

Ossène Ouattara

mercredi, 15 août 2012

L’association "Cori-yon" : Quand fils et filles du Zanzan vivant à Abidjan se retrouvent

Abidjan, c’est la Côte d’Ivoire en miniature. Cette ville, le condensé de tous les peuples vivant en Eburnie. Une réalité mise en relief par l’existence d’associations de ressortissants d’origines diverses. Villages, villes, départements et régions de l’intérieur. Lieu commun de résidence : Abidjan, la capitale économique.

"Cori-yon", en langue koulango. Nom donné à une des nombreuses associations de populations originaires de la vaste région du Zanzan (Gontougo). En français, "Aime ton prochain" ou "Aime l’Homme". Une dénomination qui colle avec les actions sociales de la structure à la tête de laquelle Kouassi Djato.

C’est en 2004 qu’est née Cori-yon. Son existence légale intervenue une année après. Le siège social : Koumassi, Cité Houphouët-Boigny. Sa devise : Amour, Compassion, Altruisme. Une poignée de mains en est le logo. « S’unir pour s’aider », se traduit le symbole.

Le préambule tout aussi évocateur qu’explicite : « Soucieux de vivre ensemble et de partager les moments de joies et de peines, nous, groupe d’hommes et de femmes de nationalité ivoirienne, sans distinction de religion, de rang social et d’appartenance politique, originaires de la région du Zanzan, avons décidé de créer une association apolitique, au service des enfants du Zanzan résidant à Abidjan et banlieue. Cori-yon est « complémentaire » aux associations de familles et de villages ».

Une association bien structurée. L’organigramme se présentant comme suit : un organe exécutif dirigé par un président. Un secrétariat général, une trésorerie générale, les affaires sociales, un service d’octroi et suivi des prêts, un secrétariat à l’organisation, un conseil de sages, un doyen d’âge.

A ce jour, la structure compte 513 membres. Tous du district du Gontougo (Bondoukou, Bouna, Koun-Fao, Nassian, Tanda, Transua,…).

Comment y adhère-t-on ?

Pour être membre de Cori-yon, il faut s’acquitter des frais d’adhésion fixés à 3 500 f Cfa. Ensuite, fournir 2 savons de Marseille (BF 8).

La qualité d’adhérent implique des devoirs à respecter rigoureusement. En exemple, obligation d’assister à une réunion au moins tous les 4 mois. Devoir de solidarité se traduisant par des cotisations obligatoires en cas de décès d’un membre. Être à jour de ses cotisations mensuelles. L’observance de ces règles dispose le membre à beaucoup de droits.

Droits d’un membre "actif"

« Quand il s’agit d’aider un des leurs, les enfants du Zanzan sont disponibles », dit-on à Cori-yon. Ce n’est pas un simple slogan.

Pour le membre qui se marie, après 12 mois d’adhésion, un soutien financier lui est apporté. Idem pour un accouchement. Ici, au moins 20 savons de Marseille (BF 8) en plus du soutien en espèce. En cas de maladie (6 mois après adhésion), l’association participe à l’achat des médicaments à hauteur de 25%.

Mieux, Cori-yon joue le rôle d’une assurance-vie. En cas de décès d’un membre actif à Abidjan ou au village, 350 000 f Cfa seront remis à un des proches. Désigné au moment de l’adhésion. Pas moins de 760 000 f Cfa qui seront dépensés.

Clé de répartition : (350 000 f bénéficiaire) + (50 000 f cercueil) + (200 000 f si transfert au village) + (50 000 f funérailles) + (50 000 f conjoint(e) membre) + (10 000 f communauté religieuse) + (40 000 f délégation) + (10 000 f uniforme) + (10 000 f boisson à la veillée).

Cori-yon, une micro-finance

Des prêts sans intérêts allant jusqu’à 300 000 f Cfa sont octroyés aux membres désireux d’entreprendre. Délai de remboursement : 5 mois. Aval obligatoire pour prétendre au crédit.

Les réunions de l’association se font au 3ème dimanche de chaque mois. Lieu et heure : Koumassi, GTAQ. Près du grand terrain de la Cité Houphouët-Boigny, derrière l’hôpital, à 14 heures. Sauf changement. Des rendez-vous mensuels au cours desquels se retrouvent souvent des ami(e)s, qui se sont perdu de vue depuis des lustres. C’est aussi cela la magie de Cori-yon.

Ossène Ouattara

samedi, 11 août 2012

La place de l’indépendance, un marché

La place de l’indépendance se distinguait des autres espaces de Bondoukou. Comme son nom l’indique, elle enregistrait les festivités de la commémoration de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Lieu chargé d’histoire, cette place est aujourd’hui envahie par des commerçants.

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vendredi, 10 août 2012

SOS pour le Tribunal de Bondoukou

Comme la plupart des bâtiments publics de Côte d’Ivoire, celui de la section du Tribunal de Bondoukou souffre de plusieurs maux. Les fissures dans les murs constituent des portes d’infiltration pour l’eau de pluie. Problème d’étanchéité donc!

A l’intérieur, le décor est ahurissant. Un matériel de travail vétuste et hors d’âge. En atteste la quasi-absence d’ordinateurs et autres matériels de bureau (chaises, climatiseurs,… ).

En ce 21ème siècle, le personnel du Tribunal de Bondoukou continue de travailler avec de vieilles machines de dactylographie. Toutes choses qui ne facilitent pas le travail. Des pannes à répétition, qui ralentissent les rendements. Et empêchent la tenue des délais de traitement des actes.

Autre mal: l’exiguïté et la promiscuité. Ceux-ci se traduisant par l’insuffisance de bureaux pour le personnel.

Selon Bobi Djepa, Substitut du Procureur de la République près la section du Tribunal de Bondoukou, « le Tribunal avait été construit pour un seul juge : c’était le temps du juge unique. Aujourd’hui, il y a 5 Magistrats à Bondoukou ». Pour leur faire de la place, les locaux des archives ont été vidés.

Conséquences : difficultés pour encadrer les stagiaires. Des archives posées à même le sol, à la merci des souris.

Même promiscuité à la prison civile. Initialement construite pour 500 à 600 détenus, la population carcérale s’élève à plus de 1500 prisonniers. D’où la surpopulation que le Parquet essaie de gérer. « La prison de Bondoukou est largement dépassée », souligne le Substitut du Procureur.

Le seul mot à la bouche des populations de Bondoukou concernant leur Tribunal, « SOS ».

mercredi, 08 août 2012

Le trafic de carburant à Bondoukou

Des produits vendus à Bondoukou, le carburant issu du trafic occupe la plupart des espaces. L’essence se vend à chaque coin de rue. Enquête sur un phénomène en plein essor, embarrassant pour les autorités de la ville.

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