topblog Ivoire blogs

lundi, 10 septembre 2012

Elections régionales à Bondoukou : Qui est le candidat Babacauh Koffi Dongo ?

babacauh koffi dongo,élections régionales ivoiriennes,région de gontougo,riches expériences professionnelles,ossène ouattara,bondoukou,le choix des cadres


« Des jeunes sont venus me voir et m’ont dit, avec insistance : professeur, tu as une certaine expérience dans le domaine du développement. Nous souhaiterions que tu sois candidat pour essayer d’asseoir les soubassements du développement dans notre région ! Je n’ai pas refusé. Toutefois, je leur ai dit qu’on doit tous aller ensemble ». Réponse de Babacauh Koffi Dongo sur les raisons ayant motivé sa candidature pour les prochaines régionales.

On fait fausse route si on pense que monsieur Babacauh est venu en politique pour avoir "quelque chose à manger". Le septuagénaire ne fait pas partie de ces retraités qui, n’ayant rien prouvé durant leur année de gloire, sollicitent à nouveau du travail auprès des populations, par le truchement de leurs votes.

Ceux au fait de son vécu se poseront certainement cette question : qu’est-il venir faire en politique ? Interrogation à laquelle répond posément le concerné : « Ma motivation vient de mes expériences auprès des présidents Houphouët et Bédié. Sous ces 2 hautes personnalités, j’ai exercé des fonctions qui m’ont mis en contact direct avec le développement. Partir sans avoir pris le soin de faire bénéficier ma région de mon petit savoir, c’est faillir à mon devoir. Que chacun apporte sa pierre à la construction de la région ! ».

Dongo Babacauh, homme d’une profondeur abyssale. Au bon sens du terme. C’est d’avance un échec de vouloir parler de lui de façon complète. Propos dithyrambiques, diront certains. Partons simplement à la découverte du candidat.

Un des "cerveaux" de Côte d’Ivoire

Les hommes de la dimension du natif de Gontougo aiment se barricader pour empêcher d’être approchés. Il est l’exact opposé. Ses liens avec sa région, si solides qu’il s’y rend régulièrement. Non sans apporter de l’aide aux siens. Le Zanzan gardera de lui l’image de la personne grâce à qui la Cour suprême a annulé, mars 2012, l’arrêté du 12 février 2008 du ministère des Mines et de l’énergie portant extension du permis de recherche minière 202 accordé à la société Taurian.

Le doyen des cadres de la Tatawa (zone de montagnes) est enseignant-chercheur. Maître de conférences à l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INPHB) de Yamoussoukro. Sa spécialité : les phytopathologies (maladies des plantes). Retraité depuis 2010.

Long et riche, le chemin parcouru par le professeur Babacauh. Imbu de savoirs, un boulimique de la connaissance. Juillet 1967, il sort de l’Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes (France) avec le diplôme d’ingénieur agronome. Suivi, 2 ans après, d’un diplôme en phytopathologie, du cycle de l’Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) à l’Université Paris-Sud (Orsay). Et du laboratoire ORSTOM de Brazzaville (Congo). Organisme aujourd'hui remplacé par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). La même année, il obtient un Doctorat 3ème cycle (Orsay).

En 1980, Koffi Dongo est titulaire d’un Doctorat d’Etat à l’Ecole nationale supérieure agronomique (ENSA) d’Abidjan et à l’Université Paris-Sud d’Orsay. Option : phytopathologie. Le thème de la recherche a porté sur la pourriture brune des cabosses du cacaoyer.

Profitant de ses congés (année sabbatique) aux Etats-Unis d’Amérique en 1983, il décroche un diplôme en épidémiologie et pathologie végétale, à l’Université de l’Etat de Pennsylvanie.

Ses expériences professionnelles

Les fonctions occupées par l’enfant de Sapia, quasiment proportionnelles à la longueur du chemin universitaire. Surtout à la dimension de la qualité des études.

Enseignant à l’ENSA d’Abidjan, de 1972 à 1985. Ses cours portent sur les principales maladies des plantes en Côte d’Ivoire et dans le monde.

De 1998 à 2002, Babacauh professe à l’INPHB de Yamoussoukro. Champs d’intervention : épidémiologie, interaction hôtes/parasites, biotechnologies et perspectives de lutte en pathologies végétales.

Chercheur parallèlement à ses fonctions d’enseignant. Les structures d’accueil : ORSTOM, International federation of clinical chemistry (IFCC), et l’ENSA. Ses recherches portent sur la conservation post-récolte des tubercules d’ignames, des fruits exportés, et sur les cocotiers (s’agissant de la maladie de Samo). On doit au professeur la venue au monde du "florido", variété d’igname bien connue en Côte d’Ivoire.

Auteur de nombreuses publications dans des revues scientifiques. Il encadre des étudiants pour la production de leurs mémoires et thèses.

L’ancien étudiant de l’ENSA a dirigé l’établissement de 1984 à 1985. Puis de 1988 à 1989. Doté d’un budget de 1.2 milliards de FCFA en 1985, l’enseignant-chercheur est chargé, en 1988, de transférer l’école agronomique à la capitale politique.

Coordonnateur de l’Institut des forêts (IDEFOR), de 1993 à 1994. Deux missions à lui assignées, en plus de l’harmonisation de la gestion. Restructurer la recherche agronomique en relation avec l’Institut des savanes (IDESSA), et la mise en place des bases de la création du futur Centre national de recherche agronomique (CNRA).

Babacauh Koffi Dongo, un des acteurs de ce qui s’est fait de grand en agriculture. Avec des qualités de manager, à la tête de grandes entreprises de développement agricole. De 1985 à 1992, directeur général de la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (CIDT). Société disposant d’une ressource humaine estimée à 3 000 employés, 10 usines d’égrenage, et un chiffre d’affaire de 84 milliards de FCFA, en 1990.

De 1994 à 1997, il est Président du conseil d’administration (PCA) de Palmindustrie. Une société d’Etat employant près de 10 000 personnes. Les palmeraies industrielles couvrent une superficie de 140 000 ha. Chiffre d’affaire : 60 milliards de FCFA.

Entre 2004 et 2006, pas moins de 4 homologations de produits phytosanitaires (Mirage 450 SC, Baycor 500 SC, Siganex 600 SC,…) ayant requis l’expertise du chercheur. Les rapports d’exécution ont été livrés à de grands groupes industriels (BAYER), et exportateurs de fruits (ALM AO).

Depuis 2007, le professeur est administrateur/Consultant de Prestagri-Consulting (société anonyme en études et formations agricoles).

Que dire des expertises internationales de l’ancien coordonnateur de l’IDEFOR ? En 1995, Consultant à Industrial promotion services (IPS). Dont Filature tissage sac (FILTISAC), une des succursales. Des missions au Burkina-Faso.

Octobre 2001, membre du staff scientifique de revue du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Il fait une contribution écrite sur la filière coton.

Entre 2001 et 2002, Consultant à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) au Tchad. Principale organisation du groupe de la Banque mondiale. Sur les stratégies de vulgarisation agro-sylvio-pastorale, l’ingénieur agronome est chargé, en tant qu’expert principal, d’animer l’équipe d’experts locaux pour le recueil de données.

Membre du comité scientifique du Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d’Afrique centrale (PRASAC). Structure regroupant le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique. Ainsi que des partenaires européens.

Professeur Babacauh est Correspondant étranger de l’Académie d’agriculture de France (section Sciences de la terre et Sciences biologiques). Commandeur dans l’ordre du Mérite agricole de Côte d’Ivoire.

Quelle région ne voudrait pas avoir un tel "cerveau" pour fils ? Par-delà le Gontougo, le Zanzan doit s’enorgueillir. Babacauh Koffi Dongo fait honneur à tout ce que le Nord-Est compte d’intelligences.

Aux électeurs d’en décider aux prochaines régionales ! A eux de faire le choix entre le médecin généraliste ayant une connaissance partielle des maux, et le spécialiste, fin connaisseur de la pathologie ! Le Gontougo, région essentiellement agricole.

Ossène Ouattara

samedi, 25 août 2012

Le maire de Marcory, un fils de Bondoukou

Pour ceux qui ne le savent pas, l’actuel maire de Marcory est de Bondoukou. Dans l’entretien qu’il nous a accordé à son domicile, lundi 20 août, Lamine Diabagaté a retracé le chemin qui l’a conduit à la tête de la commune. Une des plus riches de Côte d’Ivoire.
lamine diabagaté,maire de marcory,mairie,abidjan,bondoukou,homme de coeur,fils du zanzan,côte d'ivoire,ossène ouattara
Biographie

Né dans une des 5 familles de Karidioulasso (actuel Kamagaya), quartier de Bondoukou abritant le collège moderne, le futur maire fait son cycle primaire à l’école de la mission catholique. Établissement situé à quelques pas du domicile familial. Puis part à Agnibilékrou. Après y avoir passé quelques années, il séjourne à Abengourou pour la fin de ses études secondaires.

Lamine Diabagaté, un « fils de tout l’Est ivoirien », plaisante-t-il. A Abidjan, le jeune homme s’oriente vers la comptabilité. Mais l’œil avisé d’un "aîné expert-comptable" décèle plutôt en lui l’âme de "commercial". Suivant les conseils de ce dernier, il se forme en commerce et décroche un boulot dans la société d’un cadre, originaire du Zanzan. Précisément d’Iguéla, près de Tanda.

L’homme a de l’ambition. Il crée son entreprise en 1990. Société de marchandises générales de Côte d’Ivoire (SOMAGCI). Dont SOMAG-SEL, une des filiales, spécialisée dans l’importation de sel. La réalité du monde des affaires aura raison de son jeune âge. Le natif de la "ville aux 1 000 mosquées" n’a pas 30 ans quand il se lance dans l’univers impitoyable du business. Désenchantement ! Mais pas question d’abdiquer. Il "repart sur les bancs" pour mieux apprendre.

L’enfant de Karidioulasso signe son retour en implantant son entreprise dans la capitale économique du Niger. En plus du sel, elle importe d’Afrique du Sud des fruits (pommes, raisins, poivre…). Société florissante, puisque située à 50 kilomètres du Nigéria (la province de Kano). Potentiel marché d’environ 20 millions de consommateurs. Une persévérance récompensée. « C’est à cela que je dois ma réussite », fait savoir Lamine Diabagaté.

L’entrée en politique

En 2000, le patron fait son entrée en politique. A Marcory (sa commune de résidence), il est directeur de campagne du candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux municipales. La liste conduite par Akanda Assi Marcellin, du Front populaire ivoirien (FPI), remporte l’élection. N’empêche ! Le quinquagénaire devient conseiller municipal en mars 2001.

A la fin de la crise de 2011, un arrêté municipal, signé d’Akanda Assi lui-même, désigne le natif de Bondoukou maire intérimaire. Puis un décret du nouveau gouvernement le confirme dans sa fonction, après constat de l’absence prolongée du titulaire.

lamine diabagaté,maire de marcory,mairie,abidjan,bondoukou,homme de coeur,fils du zanzan,côte d'ivoire,ossène ouattara


Pas un hasard si Lamine Diabagaté préside aujourd’hui aux destinées de ce quartier chic d’Abidjan. Un poste "divinement" mérité. Profondément croyant, il affirme le devoir à Dieu. Qui l’a récompensé pour les bonnes et nombreuses actions posées à l’égard d’autrui. En tant qu’officier d’état-civil (2002), l’homme était plus sollicité que n’importe quel autre agent de la municipalité. Et il n’a jamais manqué de satisfaire un administré. Quitte à travailler tard dans la nuit, sans exiger des dessous-de-table. « Je savais que spirituellement j’étais payé. C’est le cumul de "Que Dieu te bénisse" depuis 10 ans qui a fait de moi le maire de la commune », précise l’enfant du Zanzan. N’en déplaise aux mécontents !

Le retour aux sources

Monsieur le maire n’a pas coupé le lien avec sa terre natale. Il se rend régulièrement à Bondoukou. Pour "saluer ses parents et bénéficier de leurs bénédictions". En moyenne, 1 fois chaque 2 mois. Mi-juillet, il y est. Le premier magistrat de Marcory a mis à profit son séjour pour rencontrer certaines personnalités.

A l’occasion, une promesse en fourniture de matériel de bureau (ordinateurs, chaises, …) a été faite au commissariat de police. Les dons seraient déjà à Bondoukou. Reste leur remise qui se fera sous peu, « au nom d’Ahmed Bakayoko, ministre de l’Intérieur ».

S’agissant du regard que porte le cadre sur sa région, il ne veut pas "montrer son village avec la main gauche". « C’est à l’Etat de construire les infrastructures de base. Mais il ne construira pas des duplexes pour les cadres. Il nous revient de faire de notre région un modèle. C’est aux cadres de la bâtir », dit-il. Affirmant par ailleurs l’excellence de ses rapports avec ses "frères". Ils se rendent visites. Se téléphonent à tout le moins. Ses relations avec les cadres militaires originaires du Zanzan, tout aussi bonnes.

Le maire dit avoir un projet sportif. En association avec un professionnel (de Bondoukou) jouant dans un grand club européen, il compte redonner vie au Sacraboutou sport, l’équipe locale de football.
Lamine Diabagaté a foi en l’avenir de sa terre natale. Il compte sur les nouvelles intelligences, la "nouvelle race de cadres", toujours « à l’écoute des uns et des autres », pour relever le défi du développement.

Il aurait pu aider les jeunes désemparés de Bondoukou. Mais l’administrateur ne connaît que la jeunesse sociale de Karidioulasso, son quartier. Quant à celle institutionnelle et bien organisée, « honnêtement, je ne la connais pas ! », déplore-t-il. Aucune "demande claire et formelle" à lui adressée dans ce sens.

Est-ce parce que l’officier d’état-civil serait peu connu en dehors de Kamagaya ? Hypothèse qu’il n’écarte pas. En effet, Lamine Diabagaté a quitté la ville en classe de CM1, dans les années 1970. Mais il demande à la jeunesse de ses sources de l’approcher, de se faire connaître. De porter à sa connaissance ses besoins, ses projets. Il a des ambitions pour elle.

Ce n’est pas encensoir de le dire : le premier magistrat de Marcory, serviable et disponible. Conséquence : son domicile assailli de visites. Certaines, à des heures indues. Il semble ne pas s’en plaindre. Après tout, c’est cela la vie d’un personnage public.

Ossène Ouattara

mercredi, 09 mai 2012

Ahmed Ouattara, le fabricant de marmites

Qui n'a jamais été fasciné par l'éclat d'une nouvelle marmite? Sa fabrication est cependant laborieuse. Métier auquel s’adonne Ahmed Ouattara depuis 1985.

Lire la suite