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jeudi, 19 juillet 2012

Besoin de sécurité ou "divine" comédie ?

Ces réflexions, je les ai émises quand la crise militaro-politique sécouait notre pays, en mars 2011. Elles étaient ma contribution pour essayer de soustraire certains fidèles égarés de l'emprise des vendeurs d'illusions. Ces "hommes de Dieu" vantards, dont les prêches et autres révélations frisaient et frisent encore la comédie. Elle a été publiée par le site panafricain Koaci.com.

Pour des raisons de sécurité, j'avais signé l'article sous le pseudonyme Lilian Kesthelot. Aujourd'hui, la crise est passée. Mais l'influence des pasteurs sur certains citoyens demeure intacte. Je reprends mes propos pour le soumettre aux lecteurs d'Echos du Zanzan.

L’on assiste depuis 2002, année de l’éclatement de la rébellion armée en Côte d’Ivoire, à un foisonnement d’annonces dites prophétiques. Celles-ci sont le fait d’hommes et de femmes se disant tous "Hommes de Dieu". Chacun se distinguant, toutefois, du titre particulier qu’il se donne à lui-même : prophète, prophétesse, pasteur, berger, bishop, … .

Si au début de la rébellion, certains d’entre eux avaient prophétisé, au nom de Dieu, qu’elle ne durerait pas 3 mois, le constat leur a donné tort. La Côte d'Ivoire a connu 10 années de crise.

Au lieu que cette évidence achève de convaincre du caractère imaginaire de ces prophéties, les Ivoiriens se sont habitués à une autre forme de "révélation" où Dieu lui-même leur "parle". En tout cas, si l’on s’en tient aux interprétations faites de certains phénomènes par les journalistes chrétiens de la radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI).

Au plus fort de la crise, la télévision publique a fait régulièrement écho de faits insolites dans lesquels elle croyait y déceler un message divin. Souvenez-vous de la figure géométrique en forme de "cœur" apparue à la surface d’une soupe. Ou encore, le "nuage" tombé du ciel après un combat entre "rebelles" et militaires. Sans oublier l’"arc-en-ciel" ayant entouré le soleil, dont on s’était empressé de donner un message divin. Ailleurs, c’est la "vierge Marie" que d’autres disaient avoir vue dans le firmament.

Les interprétations de ces phénomènes avaient toutes été orientées dans un sens chrétien. Comme s’il n’y avait que le christianisme en Côte d’Ivoire. Il semblait que cette religion fut érigée en religion d’Etat au détriment de l’islam, du bossonnisme, de l’animisme, du bouddhisme, ... pour que la RTI passe son temps à diffuser des "prophéties" et des messages chrétiens.

La Côte d’Ivoire n’était plus une République laïque, à partir du moment où des journalistes travaillant pour le compte d’un média public ne juraient et ne faisaient des commentaires que dans une univocité religieuse. Les téléspectateurs étaient gavés de musique chrétienne. Si bien qu’ils tendaient à confondre leur télévision à une chaîne confessionnelle.

Un constat d’autant vrai que derrière chaque phénomène observé, l’on ne voyait que Jésus. Les commentaires et interprétations des journalistes rapportant ces faits abondaient tous dans ce sens. "C’est Jésus, l’éternel des armées qui combat désormais aux côtés des Ivoiriens". Jésus est invoqué comme le pourfendeur des méchants qui voulaient "détruire" la Côte d’Ivoire, la "seconde patrie du Christ". Et les méchants, c'étaient Alassane Ouattara, la France, les Etats Unis, la Cedeao, L’UA, L’EU, et tous ceux qui avaient reconnu Ouattara comme vainqueur de l’élection présidentielle.

Un problème tout de même: Jésus risque de prendre la place du méchant, à force de détruire toujours les "méchants". Sur les antennes de la RTI, des prophètes et prophétesses, des pasteurs et autres Hommes de Dieu se succédaient pour parler de Jésus et de son "parti pris" pour Laurent Gbagbo. Son épouse Simone était devenue elle-même "prophétesse". Tout était fait comme si le dieu chrétien n’aimait pas la vérité. Ou, à tout le moins, que ce dieu se trouvait du seul côté de Gbagbo.

Au lieu que les Hommes de Dieu acceptent de jouer franc-jeu en exhortant le président sortant à quitter le pouvoir parce que telle était la volonté de Dieu (vox populi vox dei : la voix du peuple est la voix de Dieu), ils l’avaient encouragé à se persuader du caractère "divin" de son pouvoir. Il n’y a pas pire manière de s’apostasier et trahir sa fidélité envers le divin. Voilà comment des Hommes d’Eglise ont fait du faux au nom de Dieu !

L’évangélisme outrancier, loin d’éclairer les Ivoiriens, les précipitent dans les "ténèbres". Les messages, prophéties ne sont que des appels insidieux à la haine de l’Autre. Ils sont des incitations à la diabolisation de la religion d’autrui. Alassane Ouattara et ceux qui le suivaient n'étaient-ils pas aussi fils de Dieu pour que la vérité soit de leur côté ?

Ces "bergers" engagés politiquement, ces "patriotes" qui brandissaient l’argument du néocolonialisme pour invoquer Jésus à "sauver" ou à "bénir" la Côte d’Ivoire étaient devenus finalement ridicules. Ils voulaient combattre le mal avec un produit issu du même mal. En effet, le christianisme est le plus vieil héritage de la colonisation. A ce titre, Jésus est d’abord un dieu occidental avant d’être un dieu africain. Un "sauveur" imposé aux Africains comme la guerre dont les patriotes croient qu’elle était imposée à la Côte d’Ivoire par la France.

Le patriotisme ou le nationalisme vrai commande de combattre l’ennemi avec des moyens locaux. Autrement, Jésus, le dieu des Blancs, ne vaincra pas la France de Sarkozy au bonheur des Africains. En particulier des Ivoiriens

Des compatriotes croient trouver en Jésus-Christ une justification de leur méchanceté envers les autres. Ils les combattent au nom du fils de Marie. Ils combattent d’autres Ivoiriens qu’ils prennent pour diaboliques. Il faut donc les brûler au nom de Jésus, décréter des jours de jeûne contre eux, des séances de prière contre eux.

Et si c'était la peur que l’Autre suscite qui oblige à vouloir sa mort par le "sang" de Jésus ? En effet, comment conjurer l’angoisse que suscite la présence de l’adversaire ? Un adversaire qui peut être partout à la fois et nulle part. A l’image du commando "invisible" qui sèmait la désolation dans le camp Gbagbo.

La peur justifie tout. Même les interprétations incongrues. Elle peut faire voir partout des fantômes et des "signes divins". Elle peut faire en sorte que des phénomènes ordinaires (éclipses, arcs-en-ciel,...) apparaissent comme des messages "chrétiens". Dans lesquels l’on se réfugie pour dissiper sa peur de l’adversaire.

Si des milliers d’Ivoiriens avaient fui Abidjan pour se réfugier dans les villages et villes de l’intérieur, c’est parce que des pasteurs et autres prophètes les avaient apeurés en "prophétisant" l’apocalypse.

Le besoin de protection peut donc s’accompagner de "divine" comédie. Et c'est une vérité: les Hommes préfèrent une fiction qui les "sécurise" à une vérité angoissante.

Attitude bien souvent confirmée par l’activisme de certains croyants. Qui disent prêcher l’évangile du Christ alors qu’ils véhiculent la haine. Brou Amessan Pierre Israël, l'ex-sulfureux directeur de la RTI, était un de ces chrétiens [crétins ?]. Lui qui, dans chacun de ses journaux télévisés, insultait la France et les adversaires de Laurent Gbagbo. Et qui terminait toujours par "Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !". Quelle comédie !

Ossène Ouattara

samedi, 07 juillet 2012

Anzoua Atta, un cadre du Zanzan, encourage « Echos du Zanzan »

L’objectif fixé par les initiateurs d’Echos du Zanzan est en passe d’être compris. Le blog d’informations régionales vient de bénéficier des encouragements d’un haut cadre, fils de la région du Gontougo (Zanzan). Dans l’interview accordée au site, Anzoua-Atta Félix salue l’avènement de ce « support de communication pour notre région ». Entretien.

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