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lundi, 24 décembre 2012

Echauffourées de Bondoukou : « Beaucoup de morts évités dans le Gontougo », selon Kouakou Yéboua Alexandre

Kouakou Yéboua Alexandre de Taoudi, président du collectif des secrétaires généraux de sections PDCI du département de Bondoukou, se prononce sur le choix du ministre Kouassi Adjoumani pour conduire la liste PDCI à l’élection du Conseil régional du Gontougo.

Qu’est-ce qui s’est passé à Bondoukou, le dimanche 16 novembre dernier ?

Les secrétaires généraux de sections ont été invités à participer, le dimanche 16 novembre, à la maison du PDCI de Bondoukou, à une assemblée générale pour choisir le candidat dudit parti à l’élection du Conseil régional du Gontougo. Les secrétaires de sections étaient là-bas, lorsque des jeunes surexcités sont venus les menacer avant de les disperser. Vu l’insécurité dans le lieu, le doyen des délégués PDCI du Gontougo, Koffi Comoé, a décidé que la réunion ne pouvait pas se tenir dans cet endroit. Raison pour laquelle nous sommes allés à la résidence du délégué Honoré Kossonou. Sur les 9 délégués départementaux et communaux que compte la région du Gontougo, 8 étaient présents. Ainsi que tous les secrétaires généraux de sections venus de tous les villages. Le doyen Koffi Comoé a présenté à l’assemblée les 2 candidatures qu’il a reçues. Celles du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et du délégué Kossonou Honoré. Celui-ci a désisté au profit du ministre. Par cet acte, il souhaite, selon lui, l’unité des militants du PDCI. Mieux, éviter à nouveau les erreurs du passé dont les conséquences ont été désastreuses pour le parti, en 2000. Séance tenante, il a estimé que le ministre Adjoumani est le candidat qui peut faire triompher le PDCI à ces élections. Un seul délégué était absent. Il s’agit de Babacauh Koffi Dongo. Tous ont choisi le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani pour être le candidat officiel du PDCI à l’élection du Conseil régional du Gontougo.

Les militants du PDCI étaient à la maison du parti lorsque des manifestants sont venus les disperser. Connaissez-vous d’où ils sont venus ?

Je n’ai pas eu accès à la salle. Ils m’ont empêché lorsque je suis arrivé. J’ai 2 secrétaires de sections qui étaient dans la salle. Nous ne savons pas qui les a envoyés. Seulement, ils disaient « on veut Babacauh, on veut Babacauh ».

Vous êtes de la délégation de Babacauh, absent à la rencontre. Pourquoi avez-vous porté, tout comme les autres secrétaires généraux de sections, votre choix sur le candidat Kobenan Kouassi Adjoumani ?

Nous avons choisi le ministre Adjoumani parce que nous pensons que c’est le cheval sûr sur lequel nous pouvons compter et remporter ces élections. Tout le monde sait ce qu’il fait pour le développement de la région du Gontougo et pour le rayonnement du PDCI. Tous étaient d’accord pour le choix de sa candidature. Même son adversaire a désisté pour lui.

Vous êtes secrétaire de section de la délégation du professeur Babacauh. Connaissez-vous les raisons pour lesquelles il n’a pas déposé son dossier de candidature ?

Cela fait 3 ou 4 ans qu’il est venu me solliciter pour le soutenir. On ne parlait pas encore de Conseil régional, mais de Conseil général. Je lui ai signifié que je suis avec le jeune Honoré Kossonou, qui a été le candidat malheureux lors des Conseils généraux à Bondoukou, à cause de notre désunion. Donc, je ne pouvais pas le soutenir. Depuis ce jour, il ne m’appelle plus à ses rencontres. Je ne sais pas pourquoi il n’a pas déposé son dossier de candidature.

Est-il informé que la réunion devait se tenir, ce jour-là, pour choisir le candidat qui représentera le PDCI à l’élection régional dans le Gontougo ?

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jeudi, 20 décembre 2012

BONDOUKOU : Le monde paysan s’invite dans le débat des élections régionales

Pété Bini Yao est le président de la Mutuelle technique agricole du Zanzan (MUTAZA). A ce titre, il est le porte-parole du monde paysan du Gontougo. Après les incidents de Bondoukou, le dimanche 16 décembre, monsieur Pété fait des précisions et interpelle la direction du PDCI, son parti. Entretien.

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Le dimanche 16 octobre dernier, il s’est produit un incident à Bondoukou lors du choix du candidat du PDCI pour l’élection du Conseil régional. Que s’est-il exactement passé ?

C’est une affaire de société, et non une affaire politique. Je voudrais vous rappeler que de 1995 en 1999, je fus secrétaire du comité de base PDCI de Songori, mon village. Je suis un enfant de ce parti. J’ai été membre du MEECI à l’époque. Dimanche dernier, on m’a appelé de venir à la maison de notre parti parce que quelque chose se passait. Quand je suis arrivé, j’ai constaté une échauffourée : les jeunes, les femmes, les agriculteurs, tous les vieux étaient là. Et quand je me suis informé, ils m’ont dit qu’ils étaient rassemblés pour désigner le candidat du PDCI pour l’élection du Conseil régional.

Est-ce cela qui a failli mettre le feu aux poudres ou bien y a-t-il eu d’autres raisons ?

Depuis 2005, nous travaillons à cette élection. Vous savez, le Gontougo est une des régions les plus pauvres du pays. Elle est très en retard par rapport aux autres. Il fallait sauver la situation. Avant les élections présidentielles de 2010, nous avons demandé à tous les fils du Gontougo d’être unis pour conduire une seule liste à la Régionale. Pas de RDR, PDCI, FPI…Il faut une réconciliation entre nous-mêmes bien qu’il n’ait pas eu de guerre chez nous. Il fallait que chacun sacrifie ses intérêts personnels pour qu’ensemble nous unissions nos forces pour sortir notre région de sa situation précaire. Ce qui a été fait. Et maintes fois, nous avons présenté Babacauh Koffi Dongo comme le candidat de la région. Aucun chef traditionnel ne peut dire qu’il n’est pas informé.

Donc vous voulez dire que le professeur Babacauh a longtemps été choisi candidat par les populations du Gontougo ?

Bien sûr ! Avant les élections de 2010, Babacauh était sur le terrain. Nous avons dit qu’on doit travailler en famille. Cela sous-entendait que tous, Koulango, Dioula, Nafanan, Abron, Agni Bona, Lobi…, devaient être ensemble. Après les législatives, nous avons dit qu’il faut que le Conseil régional soit typiquement un symbole de développement afin d’aider tout le monde. Vous savez, avant l’arrivée du président de la République à Bondoukou, une igname se vendait à 1 000 FCFA. C'est-à-dire 5 ignames à 5 000 FCFA. Plus chère qu’à Abidjan. Il n’y avait pas de routes. Il a fallu le professeur Babacauh qui a déboursé de l’argent pour que la route Sorobango-Bondoukou soit réparée. Elle était en piteux état. C’est contre toute attente qu’on nous a annoncé que le ministre Adjoumani venait avec un cortège de près de 200 véhicules. Qu’il venait se faire investir candidat du PDCI. C’est inadmissible. Il n’avait vu personne, il n’avait travaillé avec personne. Babacauh avait déjà été désigné par les populations. S’il devait avoir des changements, il aurait fallu au moins des négociations. C’est-à-dire des discussions franches.

D’où la colère des jeunes ?

Oui. Primo, monsieur Adjoumani est ministre des Ressources animales depuis l’ère Gbagbo. A Bondoukou, il a des fermes à lui. Mais demandez combien de poulaillers il a construit pour des jeunes ? Combien lui sont redevables pour les avoir aidés ? Secundo, s’exprimant publiquement sur le problème du manganèse de Bondoukou, Adjoumani a dit que s’il veut trop en parler, il risquerait son poste de membre de gouvernement. Il fait passer son intérêt personnel au-dessus de la souffrance de ses propres parents. Par ailleurs, les jeunes ont encore en mémoire le souhait du ministre de faire du département de Tanda une région, c’est-à-dire sa zone d’origine. Il sème la division entre les peuples du Gontougo. C’est la principale raison de la colère des jeunes.

Il y a d’autres raisons alors ?

La population en avait gros sur le cœur. Je ne suis pas contre le ministre Adjoumani chez qui j’ai dormi, avec qui j’ai mangé. Mais lors du séjour du Président de la République dans le Gontougo, il a ...

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