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mercredi, 15 août 2012

L’association "Cori-yon" : Quand fils et filles du Zanzan vivant à Abidjan se retrouvent

Abidjan, c’est la Côte d’Ivoire en miniature. Cette ville, le condensé de tous les peuples vivant en Eburnie. Une réalité mise en relief par l’existence d’associations de ressortissants d’origines diverses. Villages, villes, départements et régions de l’intérieur. Lieu commun de résidence : Abidjan, la capitale économique.

"Cori-yon", en langue koulango. Nom donné à une des nombreuses associations de populations originaires de la vaste région du Zanzan (Gontougo). En français, "Aime ton prochain" ou "Aime l’Homme". Une dénomination qui colle avec les actions sociales de la structure à la tête de laquelle Kouassi Djato.

C’est en 2004 qu’est née Cori-yon. Son existence légale intervenue une année après. Le siège social : Koumassi, Cité Houphouët-Boigny. Sa devise : Amour, Compassion, Altruisme. Une poignée de mains en est le logo. « S’unir pour s’aider », se traduit le symbole.

Le préambule tout aussi évocateur qu’explicite : « Soucieux de vivre ensemble et de partager les moments de joies et de peines, nous, groupe d’hommes et de femmes de nationalité ivoirienne, sans distinction de religion, de rang social et d’appartenance politique, originaires de la région du Zanzan, avons décidé de créer une association apolitique, au service des enfants du Zanzan résidant à Abidjan et banlieue. Cori-yon est « complémentaire » aux associations de familles et de villages ».

Une association bien structurée. L’organigramme se présentant comme suit : un organe exécutif dirigé par un président. Un secrétariat général, une trésorerie générale, les affaires sociales, un service d’octroi et suivi des prêts, un secrétariat à l’organisation, un conseil de sages, un doyen d’âge.

A ce jour, la structure compte 513 membres. Tous du district du Gontougo (Bondoukou, Bouna, Koun-Fao, Nassian, Tanda, Transua,…).

Comment y adhère-t-on ?

Pour être membre de Cori-yon, il faut s’acquitter des frais d’adhésion fixés à 3 500 f Cfa. Ensuite, fournir 2 savons de Marseille (BF 8).

La qualité d’adhérent implique des devoirs à respecter rigoureusement. En exemple, obligation d’assister à une réunion au moins tous les 4 mois. Devoir de solidarité se traduisant par des cotisations obligatoires en cas de décès d’un membre. Être à jour de ses cotisations mensuelles. L’observance de ces règles dispose le membre à beaucoup de droits.

Droits d’un membre "actif"

« Quand il s’agit d’aider un des leurs, les enfants du Zanzan sont disponibles », dit-on à Cori-yon. Ce n’est pas un simple slogan.

Pour le membre qui se marie, après 12 mois d’adhésion, un soutien financier lui est apporté. Idem pour un accouchement. Ici, au moins 20 savons de Marseille (BF 8) en plus du soutien en espèce. En cas de maladie (6 mois après adhésion), l’association participe à l’achat des médicaments à hauteur de 25%.

Mieux, Cori-yon joue le rôle d’une assurance-vie. En cas de décès d’un membre actif à Abidjan ou au village, 350 000 f Cfa seront remis à un des proches. Désigné au moment de l’adhésion. Pas moins de 760 000 f Cfa qui seront dépensés.

Clé de répartition : (350 000 f bénéficiaire) + (50 000 f cercueil) + (200 000 f si transfert au village) + (50 000 f funérailles) + (50 000 f conjoint(e) membre) + (10 000 f communauté religieuse) + (40 000 f délégation) + (10 000 f uniforme) + (10 000 f boisson à la veillée).

Cori-yon, une micro-finance

Des prêts sans intérêts allant jusqu’à 300 000 f Cfa sont octroyés aux membres désireux d’entreprendre. Délai de remboursement : 5 mois. Aval obligatoire pour prétendre au crédit.

Les réunions de l’association se font au 3ème dimanche de chaque mois. Lieu et heure : Koumassi, GTAQ. Près du grand terrain de la Cité Houphouët-Boigny, derrière l’hôpital, à 14 heures. Sauf changement. Des rendez-vous mensuels au cours desquels se retrouvent souvent des ami(e)s, qui se sont perdu de vue depuis des lustres. C’est aussi cela la magie de Cori-yon.

Ossène Ouattara