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vendredi, 01 mars 2013

Filière anacarde : « Nous interdirons les exportateurs d’acheter bord-champ »

Il a fait partie du comité qui a réfléchi sur la fixation des prix d’achat du kilogramme d’anacarde pour la campagne 2013. Pété Bini Yao, président de la Mutuelle technique agricole du Zanzan (MUTAZA) et membre fondateur de l’Entreprise coopérative pour le développement de l’agro-industrie du Zanzan (ECODAIZ), a décidé d’aller en guerre contre les acheteurs véreux. Interview.

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Vous venez d’avoir une rencontre au niveau de l’intersyndicale de la noix de cajou. Peut-on dire que les problèmes ont été aplanis ?

Il y a une satisfaction, même si tous les problèmes ne sont pas encore résolus. Depuis 3 ans en effet, nous n’avons pas connu ce que nous connaissons aujourd’hui. L’Areca (Autorité de régulation du coton et de l’anacarde, NDLR) actuelle est complètement différente de celle que nous avons connue dans le passé. Aujourd’hui, nous avons un directeur exécutif qui est un homme de décision, de vision. Et cela marque psychologiquement les producteurs. Dans l’ensemble, les débats se sont bien déroulés. C’est un bon signe pour la politique agricole du président Ouattara.

Concrètement, qu’est-ce qui a été fait par l’Areca ?

Aujourd’hui, le prix minimum est acceptable, compte tenu de plusieurs facteurs touchant la qualité. Nous pensons que cela amènera chacun à être conscient et à produire la qualité et faire la promotion de la Côte d’Ivoire à travers la noix de cajou. Le fait même d’inviter les acteurs dans le débat de la fixation des prix est salutaire. Vous voyez déjà que les problèmes qui minent la filière et qui ont toujours entraîné le désordre sont en passe d’être résolus. J’estime que l’Areca doit être félicitée.

La plupart des paysans sont des illettrés. Croyez-vous que le message de sensibilisation sera bien perçu sur le terrain ?

Ce n’est pas aujourd’hui que je travaille avec les paysans. La Mutaza fait déjà un grand travail à Bondoukou. Nous, nous travaillons sur la porosité des frontières. Que ce soit la sensibilisation au niveau de la qualité ou de la vente groupée durant la campagne 2011-2012, les gens ont vu ce que nous avons fait sur le terrain. Nous sommes déjà habitués à la sensibilisation. L’Areca nous accompagne dans le Gontougo.

Vous faites partie du comité scientifique. Pensez-vous que les véritables problèmes des paysans ont été pris en compte ?

Il y a des problèmes que nous pouvons résoudre à notre niveau, en tant que comité scientifique. Beaucoup d’autres émanent des décisions du gouvernement. Avec la tutelle, nous allons trouver une solution à tous les problèmes. Cette année, vous verrez qu’au niveau de l’anacarde il y aura plus d’avancées en matière de réformes. Il suffit que l’Etat fasse un effort et vous verrez que nous les acteurs, nous travailleront sérieusement.

Avec ce prix minimum de 200 f CFA, croyez-vous que les producteurs seront satisfaits ?

L’an dernier, ça été un prix débattu. Mais des compréhensions ont pollué l’environnement des paysans. Cette année, les choses ont changé. Nous avons un prix minimum. Plus votre qualité est améliorée, plus vous avez l’opportunité de discuter avec les exportateurs pour avoir un meilleur prix. Tout le monde est d’accord sur ce point. Cela permet aux producteurs de faire la vente groupée. C’est-à-dire sensibiliser les acteurs à se regrouper en coopératives. C’est mon premier combat.

Dans vos résolutions, vous interdisez les exportateurs d’être sur le terrain. Avez-vous les moyens de satisfaire ces paysans qui ont besoin d’argent ?

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jeudi, 20 décembre 2012

BONDOUKOU : Le monde paysan s’invite dans le débat des élections régionales

Pété Bini Yao est le président de la Mutuelle technique agricole du Zanzan (MUTAZA). A ce titre, il est le porte-parole du monde paysan du Gontougo. Après les incidents de Bondoukou, le dimanche 16 décembre, monsieur Pété fait des précisions et interpelle la direction du PDCI, son parti. Entretien.

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Le dimanche 16 octobre dernier, il s’est produit un incident à Bondoukou lors du choix du candidat du PDCI pour l’élection du Conseil régional. Que s’est-il exactement passé ?

C’est une affaire de société, et non une affaire politique. Je voudrais vous rappeler que de 1995 en 1999, je fus secrétaire du comité de base PDCI de Songori, mon village. Je suis un enfant de ce parti. J’ai été membre du MEECI à l’époque. Dimanche dernier, on m’a appelé de venir à la maison de notre parti parce que quelque chose se passait. Quand je suis arrivé, j’ai constaté une échauffourée : les jeunes, les femmes, les agriculteurs, tous les vieux étaient là. Et quand je me suis informé, ils m’ont dit qu’ils étaient rassemblés pour désigner le candidat du PDCI pour l’élection du Conseil régional.

Est-ce cela qui a failli mettre le feu aux poudres ou bien y a-t-il eu d’autres raisons ?

Depuis 2005, nous travaillons à cette élection. Vous savez, le Gontougo est une des régions les plus pauvres du pays. Elle est très en retard par rapport aux autres. Il fallait sauver la situation. Avant les élections présidentielles de 2010, nous avons demandé à tous les fils du Gontougo d’être unis pour conduire une seule liste à la Régionale. Pas de RDR, PDCI, FPI…Il faut une réconciliation entre nous-mêmes bien qu’il n’ait pas eu de guerre chez nous. Il fallait que chacun sacrifie ses intérêts personnels pour qu’ensemble nous unissions nos forces pour sortir notre région de sa situation précaire. Ce qui a été fait. Et maintes fois, nous avons présenté Babacauh Koffi Dongo comme le candidat de la région. Aucun chef traditionnel ne peut dire qu’il n’est pas informé.

Donc vous voulez dire que le professeur Babacauh a longtemps été choisi candidat par les populations du Gontougo ?

Bien sûr ! Avant les élections de 2010, Babacauh était sur le terrain. Nous avons dit qu’on doit travailler en famille. Cela sous-entendait que tous, Koulango, Dioula, Nafanan, Abron, Agni Bona, Lobi…, devaient être ensemble. Après les législatives, nous avons dit qu’il faut que le Conseil régional soit typiquement un symbole de développement afin d’aider tout le monde. Vous savez, avant l’arrivée du président de la République à Bondoukou, une igname se vendait à 1 000 FCFA. C'est-à-dire 5 ignames à 5 000 FCFA. Plus chère qu’à Abidjan. Il n’y avait pas de routes. Il a fallu le professeur Babacauh qui a déboursé de l’argent pour que la route Sorobango-Bondoukou soit réparée. Elle était en piteux état. C’est contre toute attente qu’on nous a annoncé que le ministre Adjoumani venait avec un cortège de près de 200 véhicules. Qu’il venait se faire investir candidat du PDCI. C’est inadmissible. Il n’avait vu personne, il n’avait travaillé avec personne. Babacauh avait déjà été désigné par les populations. S’il devait avoir des changements, il aurait fallu au moins des négociations. C’est-à-dire des discussions franches.

D’où la colère des jeunes ?

Oui. Primo, monsieur Adjoumani est ministre des Ressources animales depuis l’ère Gbagbo. A Bondoukou, il a des fermes à lui. Mais demandez combien de poulaillers il a construit pour des jeunes ? Combien lui sont redevables pour les avoir aidés ? Secundo, s’exprimant publiquement sur le problème du manganèse de Bondoukou, Adjoumani a dit que s’il veut trop en parler, il risquerait son poste de membre de gouvernement. Il fait passer son intérêt personnel au-dessus de la souffrance de ses propres parents. Par ailleurs, les jeunes ont encore en mémoire le souhait du ministre de faire du département de Tanda une région, c’est-à-dire sa zone d’origine. Il sème la division entre les peuples du Gontougo. C’est la principale raison de la colère des jeunes.

Il y a d’autres raisons alors ?

La population en avait gros sur le cœur. Je ne suis pas contre le ministre Adjoumani chez qui j’ai dormi, avec qui j’ai mangé. Mais lors du séjour du Président de la République dans le Gontougo, il a ...

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lundi, 10 décembre 2012

La région du Gontougo manque-t-elle de leader ?

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« Dans la région du Gontougo, 90 % de la population vivent des revenus de l’agriculture. Dont 85 % essentiellement de l’anacarde. Et dire que le chef de l’Etat nous a ignorés durant sa visite, c’est incompréhensible. Il est temps que les paysans ouvrent grand leurs yeux pour voir, leurs oreilles pour entendre et leur esprit pour comprendre : ils sont sans leader. Pourtant, ils ont des élus et des cadres. Ceux-ci sont préoccupés par leurs intérêts personnels. Il faut donc créer des leaders maintenant », s’est exprimé haut et fort Pété Bini Yao, président de la Mutuelle technique agricole du Zanzan (Mutaza).

Au cours de la conférence de presse qu’il a animée à Bondoukou, Pété Bini est revenu sur la visite du président Alassane dans le District du Zanzan. Et s’est interrogé, une fois encore, sur les raisons qui ont fait que les membres de la MUTAZA, organisation qui rassemble les agriculteurs du Zanzan, n’ont pas été reçus par le chef de l’Etat.

Si la filière anacarde est bien organisée, elle peut rapporter beaucoup à l’Etat. Mais avant, la reconnaissance et la valorisation des producteurs doivent être de mise. Si le producteur de l’anacarde doit vivre de son travail, cela passe par l’appui de l’Etat aux coopératives en moyens financiers et en personnel d’encadrement technique. Aussi par la construction de magasins centraux de traitement et de conditionnement. Par l’interdiction des multinationales à acheter bord-champ, et garantir aux paysans un prix d’achat minimum de...

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mercredi, 07 novembre 2012

BONDOUKOU : Des producteurs d’anacarde réclame 50 millions de F CFA à une société

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La société African trade compagny (ATC), spécialisée dans l’achat des matières premières, reste devoir à l’Entreprise coopérative de l’agro-industrie du Zanzan (l’ECODAIZ) environ 50 millions de francs.

Information donnée jeudi 1er novembre par Pété Bini Yao, secrétaire exécutif de cette jeune coopérative. « Il reste une cinquantaine de millions pour 500 tonnes d’anacarde livrées sur une prévision de 6 000 tonnes au départ". L’argent du dernier achat fait par African trade compagny n’a pas été payé. Au grand dam des producteurs, qui crient leur colère. « Comment pouvez-vous comprendre qu’un paysan qui vit des ventes de ses noix de cajou attende depuis plusieurs mois le paiement de son argent. Aujourd’hui, les paysans ont des problèmes. Leurs enfants ne vont pas à l’école. Ceux qui devaient aller cette année à la Mecque n’ont pu le faire. Les fêtes de la Tabaski et des ignames qui viennent de se passer ont été faites sans eux », a déploré monsieur Bini.

Conséquence : une crise de confiance entre coopérateurs. Certains accusent ECODAIZ d’inefficacité et refusent de lui livrer de l’anacarde.

BOA Bonzou, émissaire du Conseil café-cacao, a été témoin de cette affaire. Il était dans la région de Gontougo pour s’assurer de l’application effective du prix d’achat minimum garanti.

Ancienne boucle du cacao, le Gontougo a vu disparaître ses plantations. Absent des statistiques de production du binôme cacao-café, l’espoir renaît pour sa population plus de 25 ans après. Mais obtenir les cabosses "Mercedes" pour renouveler les vergers reste le problème.

Boa Bonzou a lui-même touché du doigt les difficultés éprouvées par...

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